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LIVRE IX. — DE LA PRÉPARATION AU BAPTÊME

dente réserve, en se bornant, la plupart du temps, à retracer un nombre limité de faits historiques ou bien des allusions dont le sens symbolique devait échapper à l'intelligence des profanes. Les épitaphes elles-mêmes n’ont guère mentionné le baptême par son nom, et recouraient à des termes voilés que les Païens n'auraient pu comprendre.

Malgré toutes ces précautions, les Païens parvenaient parfois à connaître, imparfaitement il est vrai, les mystères et les rites chrétiens. Les comédiens qui baptisèrent saint Genès connaissaient sans doute quelques-unes des cérémonies baptismales. Une fresque de Saint-Clément de Rome représente Sisinnius frappé miraculeusement de cécité, parce qu’il s'était furtivement introduit dans l'assemblée des fidèles où se trouvait, sans sa permission, sa femme, la chrétienne Théodora. Épictète a connu quelque chose du baptême (1). Le philosophe Lucien, dans son dialogue de Philopatris, tâche de ridiculiser les extases de saint Paul, ainsi que les mystères de la Trinité, de la Création et de la Régénération par l’eau (2). Mais, en somme, l'ignorance que montrent les écrivains païens, comme Pline le jeune et Tacite, prouvent que Ja discipline de l’Arcane était sévèrement gardée.

Ce secret des mystères, inspiré par les plus graves motifs, n’en a pas moins eu quelques inconvénients, Il favorisait ces odieuses accusations d’immoralité et de repas de chair humaine que nous retrouvons dans les interrogatoires des martyrs. Enfin, dans les temps modernes, les Protestants, abusant de la nécessité où étaient les Pères de voiler leur doctrine, ont souvent tiré à leur profit de faux arguments, tantôt de leur silence, tantôt de leurs réticences et de leurs expressions mystérieuses,.

La discipline du secret ne devait pas survivre longtemps au triomphe complet du Christianisme, puisqu'il n’y avait plus alors à craindre de livrer les mystères à la dérision des Païens. Aussi la loi de l’Arcane tomba-t-elle en désuétude au vi° siècle, dans certaines contrées; au vue siècle, dans d’autres (3),

(x) Diatrib., 1. II, p. 9.

(2) Luciani Opera, éd. Didot, p. 780. a

(3) Sur la discipline de lArcane on peut consulter : Tentzelius, De disciplina arcani, Wittebergiæ, 1683 ; Schelstrate, De disciplina arcani dissert. apolog., Romæ, 1685, in-49; Scholliner, De disciplina arcani, 1756, in-49 ; Schedius, Commentatio de Disciplina arçani, Gottingæ, 1790, in-4°; Duguet, Dissert, théol., Paris, 1727, in-12.

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