‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 275 sur 283 · LIVRE X. — DE L'ÉPOQUE DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE X. — DE L'ÉPOQUE DU BAPTÈME

. depuis les instances pressantes du pape Jean XVII, un certain nombre . de Coptes ont renoncé à leur ancien usage et baptisent les enfants le huitième jour de leur naissance. :

__ En Abyssinie, au contraire, on baptise immédiatement les enfants . doués d’une faible constitution, et l’on ne réserve que les bien portants pour les dates que nous venons d'indiquer. Ce laps de temps est basé, dans cette contrée, sur cette croyance qu’Adam fut introduit dans le Paradis terrestre quarante jours après la création du monde, et Ève quarante jours après Adam (1). Nous trouvons ces mêmes époques baptismales chez les Éthiopiens, les Chaldéens, les Nestoriens, les Maronites, les Jacobites, les Chrétiens de Saint-Thomas, les anciens .Moscovites, etc.

En Occident, on ne pourrait citer que quelques faits exceptionnels, par exemple saint Sigebert, roi d'Australie, et saint Guthlac qui furent baptisés le quarantième jour de leur naissance.

L'assemblée de Westséx (690) tenue sous Ina, roi des Saxons occidentaux, porte que « un enfant qui aura vécu trente nuits sera baptisé, s’il ne l’est pas ; après ce temps, les parents payeront trente schellings ; tous leurs biens seront confisqués si l'enfant meurt sans avoir recu le baptême. » Les canons rédigés en 967 par le roi Edmond recommandent aux parents de ne point dépasser trente-sept jours; mais, vers la

même époque, les règlements des prêtres de Northumberland fixent la date du baptême avant la dixième nuit qui suit la naissance (2). Malgré les efforts de l'autorité ecclésiastique, les habitants de l’île Saint-Denis attendent sans scrupule des semaines et des mois entiers à faire baptiser leurs enfants (3).

Les Philippons, branche de la secte russe des Baskolnicks, baptisent leurs enfants à l’âge de six semaines.

D'UNÉ A PLUSIEURS SEMAINES. — Au m° siècle, quelques évêques d'Afrique pensaient qu'il fallait différer le baptême jusqu'au huitième jour, parce que jusque-là l'enfant était réputé impur et que le sacrement de la régénération avait remplacé la circoncision des Juifs. On

. considérait encore que l’enfant est plus en état de supporter l’immersion et que ce délai donnait le temps de convoquer les amis et de donner

(1) Combes et Texier, Voyage en Abyssinie en 1835-37, t. IL, p. 171,

(2) D. Martène, De ant. eccles. rit., 1. EL cr, art. 1, n. 15; J. Strutt, l'Angleterre ancienne, t. 1, p. 90; Lingard, Ant. de l’Égl. anglo-saxonne, ch. vr.

(3) Statuts de Monseigneur Maupoint, 1863, p. 1514

ainsi plus de solennité à la cérémonie. Il est à remarquer qu’en réfutant ces préjugés, saint Cyprien et saint Augustin (1) concluent qu'on peut baptiser avant le huitième jour, mais ils ne disent pas qu’on le doit. Ce terme de huit à neuf jours est resté le terme le plus éloigné assigné dans les temps modernes par les conciles (2), les statuts synodaux (3) et les rituels. Beaucoup d’entre eux menacent ou frappent

d’excommunication un délai plus prolongé (4).

L'usage de baptiser au huitième jour s’est conservé chez les Armé- *

niens, les Grecs, les Russes, etc. 1 Bien que les Rituels polonais demandent que le baptême ait lieu qguam- à

primum fiert potuertit, ilest assez ordinaire qu’on attende huit ou quinze

jours, surtout dans les localités qui se trouvent éloignées des églises. |

QuamPrimum. — Cette expression que nous venons de citer est celle dont se sert le concile de Trente et un certain nombre de conciles provinciaux (5), de synodes, de rituelset de théologiens. Mais l'interprétation varie sur l'extension qu'on peut donner à ce terme un peu vague. Tandis que divers casuistes voient un péché grave dans un retard de cinq ou six jours (6), d’autres n'en trouvent que dans un délai d’un mois (7) ou de dix à onze jours (8). Ce dernier sentiment, dit saint Liguori, est le plus commun. ET

Un grand nombre de conciles provinciaux, de statuts synodaux et de rituels (0) ont interprété le quamprimum par les trois jours écoulés après la naissance. D’autres (10) n’accordent que deux jours ; il yena

(1) Cypr Epist. ad Fid.; August., Epist. CLXVI ad Hieron. (2) Conciles de Tortose (1420), de Salerne (1484), d'Aix (1585), de Toulouse (1590), de Rouen (1850), etc. “.. :$ (3) Statuts synodaux d’Avranches (1600), de Nîmes (1627), d'Évreux (1664), de Troyes (1689), de Cambrai (1856), etc. (4 Conciles de Milan (1565), d'Aix (1585); Statuts synodaux de Grasse (1672), de Lisieux, Langres, Tours, Bordeaux, Gênes, Palerme, Vérone, Albano; Rituels de Châlons Meaux, Orléans, Périgueux, etc. / (5) Conciles de Langres (1404), de Rouen (1581), de Bordeaux (1583), de Tour 5 4 3 rs (1583 de Bourges (1584), deNarbonne (1609), d’Auch (1852), etc. Ë £ (6) Tournely ; Rituel de Châlons (1776). :

(7) Layman.

(8) Soto, Léander, Benoît XIV, etc. x (o) Conciles de Bénévent (1556), d'Avignon (1594); Statuts syn. de Saint-Omer (1585) d’Avranches (1647), de Bayeux (1662), de Paris (1673), de Vaison (1676), de Érenoble ER . se (1826), de Chambéry (1842), de Quimper (1851), etc. 10) Concile de Vienne en Autriche (1858); Synodes d’Alais (1 (185: 724), de Boulogne (1746 de Troyes (1785), du Mans (1788); Rituels de Blois (1730), de Toulon (1748), etc. pe

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