‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 31 sur 283 · LIVRE I. — PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

LIVRE I. — PROLÉGOMÈNES

instrument spécial qu’on trempait dans l’eau lustrale, c’est-à-dire dans celle où l’on avait éteint un tison ardent tiré du foyer des sacrifices ; c’est avec cette eau sainte de le prètre aspergeait le peuple autour Hauel il tournait trois fois; c’est aussi dans cette eau que les prêtres prenaient un bain ue et que ceux qui entraient dans le temple se trempaient les mains. On s’en aspergeait en entrant et en sortant d'une maison où il y avait un mort, parfois en voyage et au milieu des rues. De pareilles lustrations avaient lieu pour les champs, les troupeaux, les armées, les maisons, etc. La purification des maisons se faisait avec une eau dans laquelle on avait fait infuser des feuilles d’olivier, de laurier, de genièvre et d’autres végétaux. Pour ces lustrations, on choisissait préférable: ment l’eau des fleuves et des fontaines, sanctifiée déjà par la présence des dieux, des naïades, des nymphes ou des génies, et surtout l’eau de mer. « Cette eau, dit Proclus (1), est douée d’une plus grande vertu Purificative, parce qu’elle contient du sel. » Quelques philosophes, Cicéron, par exemple (2), mettaient en Lee l'efficacité de ces ablutions pour effacer la tache des crimes, mais ces protestations isolées restaient sans influence sur le courant général des idées.

Il en était à peu près de même dans les régions où dominait le Brahmanisme. Çakya-Mouni-Bouddha, la grande incarnation de Vichnou, fut baptisé après sa naissance avec de l’eau divine. Ses fidèles sectateurs croyaient et croient encore que le Gange possède une telle vertu, que ceux qui S3. baignent obtiennent ainsi la rémission de leurs péchés: L’'Indus MO bhrate, le Gôdovari possèdent la même puissance purificatrice. D' ailleurs il suffit de se baigner dans n’importe quelle rivière ou bien encore de boire un peu d’eau provenant du Gange, pourvu qu’on prononce cette invocation : Ô Gange, purifie-moi. Les Brahmines recourent rarement à l'eau de mer, parce qu’elle est réputée impure et qu’elle ne peut laver les péchés que dans certaines circonstances exceptionnelles de temps et de lieux (3).

(1) Lib. de sacrif., ad calcem.

(2) De Legib., II.

(3) Lord, Diss. sur les mœurs des Brahmines, c. xiv.

ARTICLE II

Rites purificatoires de l’Eslamisme

Les Musulmans pratiquent trois genres d’ablution : 1° le Ghoust ou Goussel, qui consiste dans l'immersion complète; pour porter des fruits, elle doit s’accomplir dans les conditions suivantes : le vrai croyant, avant de remplir d’eau sa baignoire, se lave la paume de la main en récitant une prière d’expiation. Fort de son intention d’être agréable à Dieu, quand il est dans le bain, il se frotte tout le corps avec la main, en récitant ces paroles : « Au nom du grand Dieu, louange à Dieu, Sei-

“gneur de la foi musulmane. » 2° La petite ablution, wodou où abdest par laquelle on se lave seulement les pieds, les mains et le visage ; la main droite est lavée avant la gauche; il en est de même des pieds. 3° L’ablution de sable ou de poussière, feiemmum, se pratique quand l'eau manque ou bien quand elle pourrait nuire à un malade. Il y a sept espèces d'eaux propres aux purifications, l’eau de pluie, de mer, de rivière, de puits, de fontaine, de neige et de grêle.

Selon la croyance des Musulmans, l'institution de l’ablution fut révélée par l’ange Gabriel à Mahomet, quand il lui apportale Coran. Comme il n’y avait point d’eau dans la grotte où ils se trouvaient, l'ange frappa du pied la terre, en fit jaillir une source et procéda à l’ablution du Prophète.

Pour faciliter la pratique des ablutions, les gouvernants, dans les contrées musulmanes,et même de pieux particuliers, ont multiplié aux abords des villes, dans les campagnes et le long des grandes routes, des fontaines et des puits construits en briques, en pierre ou en marbre.

Un grand nombre d'écrivains (1) prétendent que, d’après la doctrine des Musulmans, il suffit de se laver souvent pour se purifier de toutes ses fautes. Mais les Mahométans modernes protestent contre cette assertion et disent que lablution n’est que l'emblème de la purification de l’âme qu’on demande à Dieu par la prière (2).

(1) Hyde, Notes sur la Liturg. des Turcs; Gabriel Sionite, Traité des villes et des mœurs des Occid. ; Du Ryer, Trad. de l’'Alcoran; de Saint-Alon, Descript. du roy. de

Maroc.

(2) Reland, la Religion des Mahométans exposée par leurs propres docteurs, p. 124.

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