‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 63 sur 283 · LIVRE I. — PROLEGOMÈNES pri · texte numérisé non relu

LIVRE I. — PROLEGOMÈNES pri

à la messe du jour de l'Epiphanie, cérémonie qu’on faisait autrefois soit la veille, soit dans la nuit même de l’Epiphanie et qui devait servir aux besoins du culte pour lé reste de l’année. Le prêtre signe trois fois avec une croix d'ivoire ou de bois l’eau contenue dans de grandes amphores. Dans certains en-

SRESESE : FL À SRE droits, on bénit de la même facon,

RPOCEPX ETAI

É - OXTSC TU IV ou bien en y jetant de petites croix de

bois, les fontaines, les puits et même la mer.

Au Mont-Athos, une cérémonie moins solennelle de Peau bénite se renouvelle une fois par mois dans chaque monastère.

A Saint-Pétersbourg, au jour de l'Epiphanie, la fête du Jourdain, le Yordann, se célèbre avec une grande solennité sur la Néva, en face du palais de l'Empereur. Un temple richement orné, ouvert à tous les horizons, est construit sur la place et sur le quai. Le plancher s’interrompt au centre où un large trou est creusé

SE dans la glace. A dix heures du matin, Croix grecque en bois pour la le métropolitain de Saint-Pétersbourg D one célèbre dans cette chapelle improvisée une messe solennelle à laquelle assistent tous les grands dignitaires de l'Église et les troupes de la garde impériale. Après le service divin, l'Empereur arrive suivi de toute sa cour. C’est alors que le métropolitain bénit la Néva en plongeant la croix dans le gouffre ouvert, cérémonie qu’accompagnent les détonations du canon et pendant laquelle les troupes agenouillées et tête nue présentent les armes. Chacun s'efforce ensuite de toucher de ses lèvres l’eau qui vient d’être bénite et de s’en procurer en pratiquant des fissures dans la glace. Dans certaines provinces, les paysans font un trou dans la glace pour s’y plonger; ailleurs on se contente de recueillir de l’eau dans des vases (1).

D'après la relation que fit à Chardin le missionnaire italien Dom

Zampi, les Mingréliens célèbrent d’une singulière façon la mémoire du

(1) Blanchard, Un Hiver à Saint-Pétersbourg. (Le Tour du monde, t. III. p. 206.)

re HISTOIRE DU SACREMENT DE BAPTÈME

baptème de Notre-Seigneur. « Le jour de l'Épiphanie, qu'ils appellent Schar corechia, dit (1) ce préfet des théatins en Colchide, les Mingréliens se mettent à manger une poule de bon matin et à boire copieusement, en priant Dieu de les bénir; après quoi, ils vont à pied ou à cheval à l'église. Le prêtre, vêtu de ses haillons sacerdotaux, les mène de là en procession à la plus proche rivière, en cet ordre : premièrement marche un homme portant une trompette dont il sonne de temps en temps; il est suivi d'un autre qui porte une bannière, laquelle en quelques églises est toute déchirée et en d'autres en assez bon état. Après celui ci, il en vient un autre qui porte un plat d'huile de noix et une courge de calebasse, sur laquelle sont attachées cinq bougies en forme de croix; et après lui, un autre avec du feu et de l’encens. En cet équipage, ils courent à la rivière aussi vite qu'ils peuvent et sans ordre, chantant Kyrie eleison. Ils vont toujours si vite qu'ils sont souvent obligés d'attendre longtemps le prêtre qui, pour être d’ordinaire quelque vieillard, ne saurait aller si vite. Le pauvre prêtre étant arrivé tout crotté et d'ordinaire tout en sueur, ils le saluent avec des huées, en se moquant de lui d’être demeuré derrière, ayant laissé passer sa procession. Là-dessus ils se mettent à faire des railleries; et lui, sans s’en soucier, se met à lire quelques prières sur l’eau; et après avoir lu, 1l brûle l’encens, verse de l'huile dans l’eau, allume les cinq bougies qui sont attachées à la calebasse, laquelle il fait flotter sur l'eau et, avec quelque goupillon, il asperge les assistants qui courent vitement se laver le visage; après quoi chacun s’en retourne, emportant une bouteille de cette eau chez soi. »

Voici comment le voyageur Jean Struys raconte la bénédiction des rivières qui se fait en Arménie Le jour de l'Épiphanie, qu’ils appellent Baptisterium. « L’évêque commence par chanter la messe plus matin que de coutume, puis il fait un sermon sur le texte pris de l’évangile du jour, à la fin duquel il annonce la bénédiction de la rivière qu’on appelle Chatsche Scharan. Pendant le sermon de l'évêque, tous les Arméniens du pays se rendent autour du lieu où l’on doit célébrer la fête, avec la croix et la bannière. Ceux-ci étant tous rassemblés, le Khan, à qui ils firent un présent de mille ducats, leur envoya des soldats pour empêcher le peuple de les insulter; ensuite il s’y rendit en personne avec son fils, notre ambassadeur et un Arménien envoyé de la part du roi de Perse vers le Czar. Sitôt que le Khan fut entré dans

(1) Chardin, Voyage en Perse, t. I, p. 105.

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