‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 64 sur 283 · LIVRE I — PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

LIVRE I — PROLÉGOMÈNES

une belle tente qu'on avait dressée exprès, il envoya dire à l’évêque qu'il pouvait hardiment commencer la cérémonie.

« Celui-ci fit un signe auquel des Arméniens tout nus sautèrent sur la glace et la rompirent en plusieurs endroits, pendant que l’évêque s’amusait à lire et le peuple à chanter des hymnes, des psaumes et des cantiques. Lorsque la glace fut rompue, le peuple se tut et l’on entendit le son des cloches, des cymbales et des trompettes, durant lequel l'évêque avancça vers l'endroit où l’eau paraissait, et, après avoir répandu de l’huile bénite, il la bénit avec une croix enrichie de pierreries, et, pour confirmer la bénédiction, il la plongea par trois fois dans l’eau, fit la même chose avec la crosse, et dit plusieurs prières qui ne durèrent pas longtemps. A peine les eut-il finies, que le peuple accourut en foule, les uns pour boire de cette eau ‘et les autres pour s’en laver les pieds, les mains et le visage. Comme il y en a partout d'une dévotion singulière, plusieurs se dépouillèrent et sautèrent tout nus dans l’eau. Le zèle et la ferveur les empêchaient de sentir le froid qui était intense. » -

MM. Combes et Tessier (1) ont été témoins à Devra-Ouerk, en 1850, de la fête nocturne de l’Épiphanie. Vers minuit, après le chant des vigiles de la fête, la procession des prêtres se rendit sur les bords du ruisseau de Ttaza dont on avait rehaussé le niveau au moyen d’une digue. Les principaux officiants, après avoir quitté leurs vêtements sacerdotaux, descendirent dans l’eau qu’ils bénirent, tandis que d’autres prêtres aspergeaient la foule qui couvrait les deux rives. Les prêtres se retirèrent après avoir bu de l’eau du Ttaza dans un calice, et alors diacres, clercs et enfants se jetèrent dans la rivière pour s’y livrer à leurs joyeux ébats, les soldats et les paysans trempèrent dans ce cours d’eau bénit les sabres, les fusils, les instruments aratoires et les ustensiles de cuisine qui avaient servi à des musulmans, et les bergers firent baigner leurs troupeaux jusqu’à ce que le chef des prêtres eûl rompu la digue qui retenait l’eau prisonnière. Unecérémonie du même genre a lieu le 29 août, anniversaire du martyre de saint Jean-Baptiste. Hommes et femmes se baignent presque nus dans la rivière, sans que personne y trouve matière à scandale.

Les Coptes donnent le nom d'id el ghœtas (le baptême) à leur fête de l’Épiphanie. La nuit qui précède cette solennité, le patriarche célèbre la messe sur un autel qu’avoisine un grand réservoir d’eau. On

(1) Voyage en Abyssinie, t. II, p. 268.

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