LIVRE I. — PROLÉGOMÈNES Fi
lion (1) qui nous en ouvre l'entrée; c’est la porte de la vie spirituelle, la porte des sacrements, le principe des commandements (2), parce que sans lui on ne peut participer aux autres grâces de l’Église, ni marcher dans la voie de ses préceptes. (est aussi, selon l'expression
de Tertullien, le cens de Dieu qui, par là, nous enregistre dans la société des fidèles.
8 Noms indiquant le résultat final du baptême, c’est-à-dire le salut. — Le baptème assurant le salut éternel à ceux qui restent fidèles à leurs engagements, est appelé le salut, le symbole du salut, le bain du salut, le sceau du salut, les clés du royaume des cieux, la naissance à l’immortalité, le vêtement d’immortalité, la fontaine éternelle, le char qui mène à Dieu, par allusion au char d’Élie (3).
Il est facile de voir par ces noms que l’Église primitive considérait le baptême comme la cause même des effets produits et non pas, selon le système protestant, le signe d’un effet opéré par une autre cause.
Dénominations tirées des cérémonies du Baptême
Certains rites importants du baptême ont communiqué leur propre nom à l’ensemble du sacrement; tels sont les suivants : le sacrement de la Trinité, à cause de l’invocation des trois personnes divines ; l'attestation de la foi, le sacrement de la for, le symbole, à cause de la profession de foi du catéchumène ; l'imposition des mains, le pacte d’une meilleure vie, l'abjection de la chair, en raison des renonciations à Satan ; le vétement blanc, à cause de la robe blanche que revêtaient les néophytes; l'onction, le chrême (4). Le P. Bruzza, en publiant
(1) Chrysost., Orat. ad Baptix.
(2) Dionys. Ar., Hier. eccl., c. x.
(3) Salus, cwvepux (Just., Tryph. XIII; August., 1. I De Peccat., c. xxu); Symbola salutaria (Isid. Pelus., liv. Il, Ep. XXX VII); Lavacrum salutare (Ambr., De interp. David, 11, 4, n. 14); Immortalitatis vestimentum (Bas., Ep. CCXCIID ; Fons œæternitatis (Bas., lib. IL Contra Eunom.); Claves æterni regni (Greg. Naz., Orat. AL).
‘4) Sacramentum Trinitatis, obsignatio fidei (Tert., De Pæœn., c. vi); supéohov (Orig., adv. Cel., ir, 31,3; Impositio manus (Clem. Al, Pæd., L. I, c. wi); Abjectio carnis (Vict. Vit., Vand. pers. 1. Il); Vestimentum candidum (Cyril., Catech.); Xptouu, Unciio (Greg. Naz., Orat. AT).
une inscription de Verceil où se trouve cette dernière expression (tr), la considère comme rare dans le sens de baptême ; il n’en était pas de même au moyen âge, et Du Cange a remarqué qu'au xmm° siècle encore chrismation était synonyme de baptême.
Les premiers missionnaires du Congo, ne trouvant rien dans la langue du pays qui puisse exprimer l’idée de baptême, laissèrent les naturels prendre une partie pour le tout et dire curia mungua (manger du sel) pour baptiser. Ils reconnurent bientôt l'inconvénient de cette synecdoche, en voyant les sauvages convertis faire si bien consister le baptême dans la cérémonie du sel qu’en cas de nécessité ils l'employaient exclusivement, sans aucune ablution. Pour éviter toute équivoque, les missionnaires remplacèrent le terme de curia mungua par ces mots /uza cala languist qui, ditle P. Labat (2), expriment l’ablution sainte.
Dénominations relatives au secret des Mystères
Un certain nombre des dénominations que nous avons citées, comme la purification, l'indulgence, le sceau, le mystère, la grâce, l'adoption, etc., présentaient un sens si vague à ceux qui n'étaient point initiés au secret des mystères chrétiens, qu’elles pouvaient être prononcées sans danger dans les assemblées où, en même temps que les fidèles, assistaient des catéchumènes, des païens et des juifs. Il y avait encore des expressions plus voilées qu’on employait surtout dans les inscriptions tumulaires, comme acception, réception, perception, obtention (3); les formules assez fréquentes accepit, percepit, consecutus est(4), avec un régime sous-entendu, désignent les sacrements que la
(1) Postquam trina fldes Ivstravit crismate gentes, cvnctis presvlibvs praestitit Evsebivs. (Zscrizioni antiche Vercellesi. Romæ 1875, p. 308.)
(2) Relation de l'Ethiopie occidentale, t. III, p. 168. ‘
(3) Perit ann. XXXV ex die acceptionis svæ vixit dies LVII. (Fabretti, p. 563.) — D. M. Evfrosine coivgi karissimo Kampano qui vixit mecan bene XII meses dvo dies V perit anno XXXV ex die acceptionis sve vixit die LVII. (Gerbet, Rome chrét., t. IL, p. 163.)
(4) Crescentiæ. q. v. a. XXXIIL accepit. III. Kal. iul. (Muratori, 1870, I.) — Evfronia percepit IIL id. april. (Maffei, Gall. ant. p. 90.) — Pascasivs percepit XI Kal. maias. (Fabretti, p. 576.) — Hic est posita Fotunia quæ vixit an. plus minus III. parentes posvervnt. consecuta est d. VI. deposita VIIT. Kal. avg. (Muratori, 1098, 6.) — Consecutus est II non. decembr. ex die consecutionis in soecvlo fvit ad vsqve VII idvs decembr. (Renier, Inscript. de l'Algérie, n. 4041.)