‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 91 sur 283 · LIVRE IT. — DE LA NÉCESSITÉ DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IT. — DE LA NÉCESSITÉ DU BAPTÈME

fois avait assez de force pour le purifier de tous ses crimes (1). » Chez les Éthiopiens, les femmes enceintes communiaient à l'intention de leur fruit qu’elles croyaient faire participer avec elles au sang de Jésus- Christ, en sorte que l’enfant devait être justifié et sauvé s’il venait à mourir en naissant (2).

L’ORDINATION. — Pierre Cnaphée, patriarche d’Antioche, ayant ordonné, pour le siège d'Hiéropolis, un nommé Xenaias, apprit plus tard qu'il n'était point baptisé; il ne s’en mit point autrement en peine, et répondit aux observations qu’on lui faisait à cet égard que l’ordination pouvait tenir lieu de baptème (3).

La PROFESSION RELIGIEUSE. — Quelques Luthériens du xvi° siècle (4) ont accusé les Catholiques de considérer la profession religieuse comme suppléant au baptême. C’est là une calomnie dénuée de tout fondement. Si les Scolastiques ont donné à la profession religieuse le nom de second baptême, c'est uniquement par mode de comparaison et dans le sens du passage de saint Bernard que nous avons cité plus haut (5).

L’ImPosrTION DES MAINS. — Saint Boniface signala au pape Zacharie un prêtre écossais nommé Samson, qui prétendait qu’on pouvait devenir catholique par la seule imposition des mains de l’évêque, sans avoir besoin de recourir à l’ablution baptismale. M. Michelet, en rangeant cet hérétique parmi les membres de l’Église celtique, laisse supposer à ses lecteurs que cette Eglise ne tenait pas grand compte du baptème, ce qui est complètement faux. A cette même époque, deux prêtres scofs (c'est ainsi qu’on désignait les Ecossais et les Irlandais) se plaignent à ce même pape Zacharie de ce qu’on leur ordonnait de rebaptiser ceux pour qui on avait mal prononcé les paroles sacramentelles (6). « Ainsi donc, dit l'abbé Gorini (7), les membres de l’Eglise celtique baptisaient et ils observaient respectueusement les lois de l'Église qui défend de réitérer le sacrement dont nous parlons. Par conséquent, Samson, quoique né chez les Celtes, n’appartenait pas à l'Église celtique. »

(1) Euseb., Hist. eccl.. 1. VII, c. vtr; Nicéphore, Hist. eccl., 1. VI, c. 1x.

(2) Damien de Goës, Mores Æthiop. ; Brerewod, Recherches curieuses, c. xxtr1, n. 10. (3) Niceph., Mist. eccl., 1. XVI, c. xvn.

(4) Lib. concord. lutheran., p. 34 ; Apolog. confess, August., p. 250.

(5) Page 14.

(6) Sirmond, Conc., t. I, p. 550.

(7) Défense de l'Église, S. Boniface.

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