LIVRE IL, — DE LA NÉCESSITÉ DU BAPTÈME
sistance des Calvinistes qui, d’un côté, pour sauver le baptême donné à tous ces enfants, disaient qu'ils étaient tous saints et nés dans l’allance, de laquelle, par conséquent, on ne leur pouvait refuser le signal, et qui, pour sauver, de l’autre côté, la doctrine de l’inamissibilité de la justice, disaient que le baptême donné aux enfants n’avait son effet que dans les seuls prédestinés ; en sorte que les baptisés qui vivaient mal dans la suite n’avaient jamais été saints, pas même avec le baptême qu’ils avaient reçu dans leur enfance. »
Les diverses sectes baptistes, de même que les anciens Anabaptistes, n'admettent pas qu’un enfant soit puni pour une faute qui ne lui est point personnelle, ni pour n’avoir pas reçu un sacrement dont ne sont capables, selon eux, que les adultes professant la foi chrétienne.
Nous terminerons ce chapitre en disant quelques mots sur la législation relative aux enfants morts sans baptême et aux parents qui, sur ce point, se sont rendus coupables de négligence.
L'Église ne doit ses prières et les honneurs de son culte qu’à ceux qui lui appartiennent et qui meurent dans son sein. Les enfants morts sans baptême ne peuvent donc pas être présentés à l’église ni enterrés dans le lieu saint. D’après le droit canon, une inhumation de ce genre rend le cimetière interdit ; il faut alors ne l’enfant et réconcilier le cimetière profané. En France, depuis que la police des cimetières appartient à l'autorité municipale, des difficultés se sont élevées pour l'application des lois ecclésiastiques. L'article 15 du décret du 23 prairial an XII prescrit bien de partager le cimetière, quand il n’y en a qu’un seul, par des murs, haies ou fossés, en autant de parties qu’il y a de cultes différents, avec une entrée particulière pour chacun ; mais la loi civile n’a rien prévu pour les enfants morts sans baptême : aussi arrive-t-il parfois qu’on les enterre dans l’enclos réservé indistinctement aux non-catholiques, aux suicidés, à ceux qui ont refusé les Sacrements, etc. [1 est assurément bien préférable qu’une partie spéciale du cimetière soit consacrée exclusivement aux enfants morts sans baptème, et en général l'autorité municipale ne s’y oppose pas. Dans le cas contraire, on est obligé de se soumettre à la décision prise par le Ministre des Cultes, sur un avis du Conseil d'État en date du 20 avril 1831 : « Que si le cimetière peut être divisé en autant de parties qu’il y a de cultes différents, la loi n’autorise pas d’autres subdivisions; que toutefois, dans l'exercice qui lui appartient de la police des cimetières, l’autorité civile doit demeurer étrangère aux observances particulières aux différents cultes et ne pas s'opposer à ce que, dans
l'enceinte réservée à chaque culte, on observe les règles, s’il en existe, qui peuvent exiger quelque distinction pour les sépultures. »
En Espagne, les enfants décédés avant d’avoir reçu le baptême sont ordinairement enterrés dans la cour ou le jardin de la maison.
L'Église rend moralement responsables les parents qui laissent mourir leurs enfants sans la grâce de la régénération. Parfois elle leur a imposé certaines peines canoniques. Au xrn° siècle, les règles ecclésiastiques d’Élie, archevêque de Nowgorod, condamnaient cette coupable négligence par trois ans de jeûne. Henri II, en 1556, rendit une ordonnance qui punissait de mort les femmes qui auraient dissimulé leur grossesse et laissé périr leur enfant sans baptême. Par une déclaration en date du 25 février 1708, Louis XIV renouvela cette disposition qui nous paraît être toujours restée à l’état de simple menace législative.
BPIVMRELEV
On sait que les Théologiens désignent sous le nom de matière le substratum physique, par le moyen duquelsont opérés les Sacrements, et qu’ils donnent le nom de forme aux paroles que prononce le Ministre en appliquant la matière. Cette distinction scolastique, tirée de la philosophie d’Aristote, n'apparait qu'au commencement du x siècle, où elle est employée, pour la première fois, par Guillaume d'Auxerre. Auparavant, la matière qui constitue le Sacrement était appelée res, signum, elementum, et ce que nous appelons forme se nommait verbum, preces, invocationes, etc.
Les scolastiques distinguent deux sortes de matière : 1° la matière prochaine, c’est-à-dire la substance même qui sert à conférer le Sacrement ; dans le baptême, c’est l’eau ; 2° la matière éloignée, c'est-à-dire l'application de cette même substance; dans le baptême, c’est l’ablution, qui peut s’accomplir par trois modes différents : l'immersion, l’infusion ou l’aspersion.
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De la Matière prochaine du Baptème.
Parmi les matières qui ont servi à administrer le Sacrement de la régénération chezles Chrétiens anciens et modernes, il ÿ en a de valides, de non valides et de douteuses. Enfin, certains Hérétiques ont supprimé toute matière. C’est ce que nous allons examiner dans les quätre articles suivants.
ARTICLE [I
Des Matières valides
La seule matière valide pour l’ablution baptismale est toute espèce d’eau naturelle, de source, de fleuve, de rivière, de torrent, de lac, d’étang, de marais, de mer, de pluie, de citerne, de puits, de glace ou de neige fondue, etc., quand bien même elle serait mêlée, mélangée avec un autre liquide ou une autre matière quelconque, pourvu que cette addition ne puisse l'empêcher d’être considérée comme de l’eau véritable. L'Église, voulant sanctifier cet élément pour l'usage sacramentel,le bénit solennellement. Nous allons donc nous occuper d’abord de l’eau naturelle en général, puis de l’eau bénite, et enfin, dans un appendice, nous parlerons des puits d'église d’où l’on tirait parfois l’eau qui devait être sanctifiée par les bénédictions de l’Église,
Si De l'Eau naturelle
L’eau naturelle est la matière rigoureusement nécessaire du sacrement de baptême. Elle a été prescrite par le Sauveur et employée par