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LIVRE XII. — DES PARRAINS ET MARRAINES

En ce qui concerne les enfants, nous croyons que dans les premiers temps ils étaient présentés au bäptôre par leurs parents. Les Constitutions de l'Eglise d' Égypte, œuvre du second re dont un manuscrit en. nan copte a été récemment découvert (1 )}, s'expriment ainsi : « Quant à l’enfant qui n’est pas en état de parler, que le père ou la mère ou un proche parent parle pour lui. » Saint Augustin nous dit “également que les enfants sont présentés par les parents pour recevoir la grâce du baptême (2). Comment ce rôle des parents a-t:il passé en des mains étrangères ? Plusieurs causes ont pu y contribuer dans des cas particuliers, et ce qui d’abord était exceptionnel aura fini peu à peu par devenir un usage général. On dut recourir nécessairement à des étrangers pour les orphelins, pour les enfants d’esclaves ; n'était-il pas prudent d'agir de même à l'égard de certains parents récemment convertis, qui, par ignorance ou insouciance, n'auraient pas suffisamment veillé à l’instruction religieuse de leurs enfants? Si le père venait à mourir prématurément, s’il devenait victime de la persécution, il restait du moins un témoin pour affirmer le baptême de l'enfant, un tuteur pour veiller à son éducation religieuse. Enfin, comme le baptême est une naissance spirituelle, il semblait qu'il fallût, pour l’engendrer à la foi, un autre père que celui selon la nature. Toutefois ces considérations ne se sont développées que lentement, et l’on trouve dans les huit premiers siècles d'assez nombreux exemples de parents servant de parrains à leurs enfants.

Les marraines apparaissent beaucoup plus tard que les parrains ; il n’en est point question dans saint Denys l’Aréopagite, dans Tertullien, ni dans les écrivains du 1v° siècle qui parlent des parrains, et il est difficile d'admettre que sous ce nom générique ils comprennent les marraines. Les Institutions de Justinien (3) interdisent le mariage entre le parrain et sa filleule et ne supposent point le cas d’hymen entre marraine et filleul. Au vu‘ siècle, saint Isidore de Séville ne parle encore que des parrains. Il est question des marraines dans un “sermon longtemps attribué à saint Augustin (4), mais qu’on a reconnu appartenir à saint Césaire d'Arles, et aussi dans le vingt-deuxième cahon arabique du concile de Nicée, addition postérieure dont il n’est Mouère possible de préciser la date. Césara, femme d’un roi de Perse,

1) Reyue chrétienne, n. de mai 1855.

>) Epist. XXIII ad Bonif.

3) L. XXVI De Nuptis.

baptisée à Constantinople au commencement du vu° siècle, n'eut qu’une marraine et point de parrain (1). C'est vers cette époque que les femmes commencèrent à remplir ces fonctions liturgiques. On n’en trouve antérieurement que de rares exemples ; tel est celui que saint Ambroise nous fournit dans sa vie de saint Sébastien, lorsqu'il nous dit que saint Polycarpe baptisa soixante-huit personnes, que saint Sébastien reçut les hommes au sortir de l’eau et que les mères spirituelles des femmes furent Béatrix et Lucine (2).

Ce fut d’abord un motif de convenance qui fit admettre les femmes dans ces fonctions liturgiques pour les personnes de leur sexe. Plus tard, quand on prit un parrain et une marraine pour chaque enfant, ce fut pour mieux assimiler l’enfantement spirituel à la génération charnelle.

(r) PA Diacre, Hist Lomb., L'IV, cxvir.

(2) Boll., 20 jan., Act. S. Sebast., c. xt, n. 36.

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