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LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME

occidental de la cathédrale, soit au flanc septentrional auquel ils communiquaient souvent par un couloir. On peut cependant en citer un certain nombre qui furent placés au midi de la basilique, comme celui de Saint-Jean de Latran, à Rome, ceux de Padoue, de Parme, de Spolète, etc. Quand il y avait deux baptistères, l'un pour les hommes, l’autre pour les femmes, ils étaient situés, l'un à droite, l’autre à gauche de l’église. Presque toujours ils s’ouvraient du côté du midi, et saint Charles Borromée prescrit de conserver cette Fr parce que les âmes venues de la région de la mort, c’est-à-dire du Séptentrion, sont introduites par le baptême dans la région de la lumière et de la chaleur.

En Grèce, les baptistères s’élevaient au centre du parvis qui précède Péglise principale. On cessa d’en construire vers la chute de l'empire d'Orient. Ce fut alors"qu’on seit à fabriquer des Colymbithra, vases en cuivre faciles à portèr dans les maisons, où il devint habituel de baptiser les enfants. "4

ARTICÉE IT

Architecture des baptistères

Les baptistères étaient ordinairement construits en pierre ou en marbre (1), ce qui donne occasion à Durand de Mende (2) de les com-

parer au rocher d’où Moïse fit Jaillir l’eau, symbole du baptême, et à . Jésus- Christ lui-même, pierre angulaire de l'Église et source des eaux vives dé la grâce. Les marbres les plus précieux étaient réservés pour les colonnes, pour le pavage et la décoration du bassin central. Dans les villes d’un ordre secondaire, là surtout où les Chrétiens étaient pauvres, on dut se borner à des constructions en bois, comme on le faisait pour les églises; c’est ce qui nous explique la facilité avec laquelle les Ariens les livraient aux flammes (3) et comment certaines basiliques furent si rapidement consumées par l’incendie, en même temps

(1) Damase, Lib. pont., in vit, S, Sylvestri ; Prudence, Perist. de Bapt. Vatic.; Moschus, Prat. spirit., ©, cCxv.

(2) Rat., 1. VI, c. LXXxI, n. 25.

(3) Athan., Epist. ad omn, orthod.

que leur baptistère, par exemple celui de Saint-Anastase, à Rome (1), qui, sous le pontificat de saint Adrien, fut entièrement brûlé, par suite de l’incurie des moines.

On connaît quelques baptistères carrés, hexagones, en forme de croix grecque, mais les plans les plus anciens et les plus usités sont la rotonde et l’octogone.

Quelques antiquaires (2) ont pensé que la forme ronde des baptistères à été empruntée aux petits temples circulaires de l’antiquité paienne, parmi lesquels on peut citer le Panthéon de Rome; le temple de Portumne à Ostie, celui d'Apolion à Autun et la plupart de ceux consacrés à Vesta. Nous croyons que les Chrétiens du 1v° siècle et des époques suivantes n’ont pas choisi là leur type, mais qu'ils l'ont pris dans l’église circulaire de l’Anastasis, bâtie par Constantin sur le tombeau du Christ, basilique qui devint le modèle, inspirateur d’une classe nombreuse de monuments religieux, en Occident (3) comme en Orient (4), type que les Templiers surtout devaient un jour adopter. II était naturel d’ailleurs que les premiers baptistères imitassent la forme de celui de Constantin, qui, par son antiquité et sa splendeur, tenait le premier rang.

En Grèce, le baptistère qu’on nomme sn ou #1yà est toujours un petit monument circulaire percé de six, huit, dix ou douze arcades supportant une coupole qui abrite le bassin de marbre, où les eaux sont amenées par un conduit de métal.

Nous ne croyons pas que dans l’origine on ait attaché quelque idée symbolique à cette forme circulaire, en la comparant à l'Univers (orbis) auquel le baptême doit être annoncé comme la Bonne Nouvelle de ce monde. C’est seulement au xur° siècle que Sicardi, évêque de Crémone (5), dans un langage fort subtil, considère cette forme circulaire comme exprimant l'expansion de l’Église dans l'Univers et comme un encouragement à tendre du cercle de ce monde à celui de la couronne éternelle (6).

(x) Anast. Bibl., in vit. S. Adriani.

(2) Ern. Drouwe, Descript. de l’église Saiut-Mathias de Cobern.

(3) Saint-Marcellin et Saint-Pierre, à Rome ; Saint-Étienne-le-Rond, à Rome : Saint- Laurent, à Milan; Saint-Vital, à Ravenne; Saint-Ange, à Pérouse: le dôme d'Asie Chapelle; églises de Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre), Ottmarsheim (Alsace), Rieux (Aude) Sarlat (Dordogne), Saint-Bonnet (Corrèze), etc., etc. |

(4) Presque toutes les églises orientales dédiées à S, Élie sont circulaires. (5)EMitrale AAC ET:

(6) Auber, Hist. du Symbol., x, 107.

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