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LIVRE XI, — DES LIEUX DU BAPTÈME

La forme octogonale, usitée dès l’origine des baptistères et qui prévalut bientôt, surtouten Grèce et en Orient, nous paraîtavoir eu son type matériel dans les grandes salles de bain polygonales de l'antiquité et non pas dans quelques monuments exceptionnels, comme la tour des Vents à Athènes et le temple de Jupiter à Spalatro. Mais les Chrétiens ont dû attacher à cette forme une PR re de vase. signification mystique ; car, dès le 1v° siècle,

le nombre huit était considéré comme sacré.

« La première création, dit saint Ambroise, s'étant accomplie en sept jours, le nombre huit est le symbole d’une création nouvelle ou de la régénération. » D’après saint Augustin (1), c’est le nombre mystérieux de la Résurrection qui s’est opérée un dimanche, par conséquent au jour qui, pour le culte et le repos hebdomadaire, a été substitué au sabbat, c’est-à-dire au septième jour de la semaine. Un anonyme du iv° siècle (2) nous dit que, par la grâce des sept dons du Saint-Esprit, nous arrivons à mériter les huit béatitudes. Rien n'était donc plus convenable que la forme octogonale pour les temples spéciaux où s’accomplissait le mystère de la régénération, dans des rites qui figuraient la résurrection du Sauveur, où l’on recevait, par la confirmation, la plénitude des dons du Saint-Esprit et les grâces qui sont le principe des Béatitudes; c'est pour cela que saint Charles Borromée recommande de choisir la forme octogonale pour la construction des nouveaux baptistères.

Il faudrait bien se garder de donner toujours une attribution baptistérale aux ruines qui offrent un plan octogone, lorsqu’on n'y rencontre pas de vestiges de piscine ; car, parfois, cette forme a été également usitée pour des églises ou des oratoires érigés en l'honneur du saint Sépulcre, pour des sanctuaires de Templiers, des chapelles sépulcrales et des mausolées (3); elle a même été remise en honneur par quelques architectes de la Renaissance (4).

(1) Epist. LV ad Januar. SE

(2) De Solemnitatibus, ap. D. Pitra, Spicil. Solesm., t. IL, p. 12

(3) Églises de Moudjeleia et de Kulat-Seman, en Syrie ; églises octogones de Cambridge, de Thomar (Portugal), de Bruges, de Pise, etc. ; chapelle de Montmorillon (Vienne), etc. |

(4) À Rome, Sainte-Marie Scala Cœli, construite par Vignole; Sainte-Marie de Lorette» construite par San Gallo ; Oratoire de Saint-Jean in Olio (1509), etc.

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En général, les baptistères conservent les modestes proportions qui conviennent à leur rôle d’annexe. Ce n’est que dans les grandes cités, où le nombre des Catéchumènes était considérable, qu’ils prennent de vastes dimensions. Aussi des conciles plus ou moins importants ont-ils été tenus dans l'enceinte des baptistères de Constantinople, de Carthage, de Chalcédoine, de Bari, etc.

L'intérieur des baptistères ronds se composait d’une simple salle circulaire et d’une piscine au milieu de laquelle était placée une cuveréservoir, ou bien d’une salle centrale entourée d’une galerie de circulation et séparée de celle-ci par des supports isolés. M. de Dartein (1) a proposé d'appeler les premières, rofondes simples, et les autres, rotondes annulaires.

Saint Cyrille de Jérusalem (2) distingue deux parties dans l'intérieur ; 1° le portique ou parvis, mpoxéluoy olxov, où les Catéchumènes renonçaient au démon et faisaient leur profession de foi; 2° le centre du bâtiment, ésurepoy dix, où avait lieu le baptême proprement dit. Quand il n’y avait point de portique, on ménageait une salle spéciale pour les exorcismes. Les plus anciens baptistères sont dépourvus d’absides et de chapelles. Mais on dut reconnaître bientôt l'inconvénient de faire passer les néophytes dans l’église voisine pour recevoir les deux sacrements complémentaires du baptême, et l’on construisit alors des absides où l’évêque pouvait donner la confirmation et la communion ; celle où se conférait le premier de ces sacrements s'appelait consignatorium, parce que la confirmation fut longtemps désignée sous le nom de consignatio. Dans les plans en croix grecque, on pratiqua quatre absides en hémicycle ; dans les octogones, on en disposa huit, soit en hémicycle, soit en rectangle. Une ou plusieurs de ces absides servaient de sacrarium; c'est là que l’on gardait tout ce qui était nécessaire pour l'administration du triple sacrement ; que l’on conservait les robes blanches laissées par les Néophytes, lesquelles devaient être prêtées aux indigents ; c'est là enfin que les Catéchumènes se déshabillaient et qu’ils venaient reprendre leurs vêtements. Parfois l’une des absides était munie d’une cheminée où l’on faisait du feu, dans les temps froids, soit pour que les Néophytes pussent se réchauffer après l’immersion, soit peut-être pour faire chauffer de l’eau qui devait attiédir celle du bassin.

(1) Études sur l'architecture lombarde, kre partie, p. 10. (ChCatech mystere Carr, ox

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