CHAPITRE X
De quelques catégories spéciales de parrains
Après avoir parlé des parrains en général, nous devons ajouter quelques mots sur certaines catégories spéciales de parrains.
ARTICLE I
Des Parrains de catéchuménat
On doit considérer comme tels les chrétiens qui présentaient à l’évêque un candidat désirant entrer dans la classe des Écoutants : en général, ils remplissaient aussi les fonctions de parrains de baptême. En quelques contrées, les parrains de catéchuménat ont été maintenus assez longtemps ; il en est question dans le Pénitentiel de Théodore de Cantorbéry, et c’est de là qu’Yves de Chartres a tiré le décret qu’il a inséré dans les Décrétales, en l’attribuant faussement au pape Hygin. Un jurisconsulte, cité par Du Cange(r), Jean de Gênes, se demande si la compaternité du catéchuménat est un empêchement pour le mariage; il semble en douter, tandis qu'il est très affirmatif pour les parrains de baptême et de confirmation.
(1) Glossar., vo Cafechisari.
ARTICLE II
BPes Ministres du baptême remplissant les fonctions de parrains
Quelques théologiens prétendent qu’on ne peut point être tout à la fois le baptiseur et le parrain d’un enfant, puisqu'il doit y avoir une distinction de personnes entre celui qui interroge et celui qui répond. Mais on admet assez généralement (1) que le curé qui baptise un enfant peut en être le parrain, s’il délègue un procureur qui réponde en sa place.
Nous trouvons dans les premiers siècles et au moyen âge un bon nombre d'exemples de ministres-parrains, surtout dans le baptême des adultes, qui n'avaient pas besoin d’un interprète pour leur profession de foi. Saint Remi fut tout à la fois le baptiseur et le parrain de Clovis ; saint Memmie , évêque de Châlons, de sainte Menne ; saint Junien, abbé du Mairé, de saint Auremonde ; Magneric, évêque de Troyes, de Théodebert; Ragnemode, évêque de Paris, de Théodoric; saint Amand, de Sigebert, fils de Dagobert ; saint Taurin, évêque d’Évreux, de son futur biographe Déodat; le B. Thomas, archevêque de Milan, de Giselle, fille de Charlemagne; le pape saint Clément, de saint Taurin; le pape Adrien, de Pepin, fils de Charlemagne, etc.
Le Synode de Saint-Omer (1585) dit que, lorsqu'il ne se présente point de parrain remplissant les conditions voulues, le prêtre doit se déclarer parrain.
Le bienheureux Benoît-Joseph Labre eut pour parrain son oncle paternel, alors vicaire d’Ames, qui le baptisa. Cette dualité de fonc-
tions n’était pas insolite, au xvirr° siècle, dans le diocèse de Boulognesur-Mer (2).
ARTICLE III
Du Père et de la Mère remplissant les fonctions de parrains Dans les premiers siècles, le père et la mère pouvaient tenir leur enfant sur les fonts. Saint Augustin trouve même dans cet usage
(1) Gobat, Lacroix, etc.
(2) Desnoyers, Le B. Benoît-Joseph Labre, t. I, p. 2.