LIVRE XIII. — DES NOMS DE BAPTÊME
Nous aurons souvent occasion, dans le cours de cette Étude, de rappeler les prescriptions des Conciles et des Rituels, depuis le xrv° siècle jusqu’à nos jours, relativement au choix, à l'imposition, à l’altération et à la pluralité des noms de baptême ; elles nous montreront que la Liturgie a attaché de plus en plus d'importance, dans les temps modernes, à placer les membres de l’Église militante sous l'égide protectrice de l'Église triomphante.
CEA PIDREAN
Sources des noms de baptème et des prénoms anciens et modernes chez les nations chrétiennes
Les principales sources des prénoms chrétiens sont : 1° l’Écriture sainte ; 2° les croyances et les fêtes chrétiennes ; 3° les vertus et les sentiments de piété; 4° l'hagiographie ; 5° la mythologie et l’histoire profane ; 6° l’histoire naturelle ; 7° la littérature, la fantaisie et les opinions politiques ; 8° certaines circonstances de la naissance ou du baptême. Après avoir examiné ces diverses catégories d’origine, nous étudierons les noms de baptême au point de vue de l’emprunt qui en est fait aux parents, aux ancêtres, aux parrains et aux protecteurs présumés de l’enfant.
ARTICLE I
Noms tirés de l’Écriture sainte
Le nom le plus saint et le plus incommunicable qui apparaisse dans l'Ancien Testament est assurément celui de Dieu. Les Juifs et les Mahométans n’ont pas craint d'emprunter quelques-unes de ses formes, comme Obadia, Abdallah, etc. Les Chrétiens ont commis la même inconvenance en prenant les noms d'Emmanuel, Den Sophie, Sauveur, etc., du moins aux époques où l'Église n'avait pas encore inscrit dans ses fastes sacrés les noms des saints personnages qui sont ainsi désignés. Théophane, Thiphaine, Épiphane, Fanny peuvent