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LIVRE XIII. — DES NOMS DE BAPTÊME

être considérés comme des dérivés ‘des fêtes de la Théophanie ou Épiphanie ; mais RAS ils ont exprimé la manifestation du Verbe, la présence de Dieu, et c’est dans ce dernier sens qu’un Antiochus a été surnommé AE Les Rituels français (1) se trouvent d’accord avec les synodes calvinistes (2) dans la défense qu'ils formulent de donner aux hommes des noms que l'Écriture sainte attribue exclusivement à Dieu. Mais tandis que les Calvinistes du xvi* siècle (3) étendent cette interdiction aux noms des anges, ceux-ci sont recommandés aux fidèles par des conciles catholiques de la même époque (4). Les noms de Michel, de Gabriel et de Raphaël ont toujours été très répandus dans la Catholicité, aussi bien que dans l’Islamisme ; celui de l'ange Uriel est admis à Mayence, et celui de Sealtiel à Syracuse.

Si certains noms propres de l’Ancien Testament, comme Aaron, Lévi, Éliéçer, Sadoch, Mardochée, Baruch, Saül, etc., sont restés la propriété presque exclusive des Juifs, il en est beaucoup d’autres, comme Abraham, Adam, Benjamin, Daniel, David, Isaac, Isaïe, Israël, Jérémie, Jonas, Jonatham, Josué, Judith, Moïse, Nathaniel, Salomon, etc., qui sont communs aux Juifs, aux Musulmans et aux Chrétiens. Quelques-uns de ces vocables apparaissent dans les inscriptions des catacombes, mais ils ont toujours été plus fréquents dans l'Orient, où le culte est resté très fervent pour les saints de l’ancienne Loi. Ces noms bibliques ne s’introduisirent qu’assez tard dans le nord de l'Europe. M. Edm. Le Blant (5) a remarqué que le premier qui se propage en Occident est celui de Salomon et qu’à partir du x° siècle, il devient même fréquent dans le sud de la Gaule.

A Venise, cité tout imprégnée des traditions orientales, on a dédié des églises à saint Job, saint Moïse, saint Jérémie, saint Samuel, saint Zacharie, etc., ce qui autorise à donner ces vocables dans le baptème.

Les Protestants, par là même qu’ils blâment le culte que nous rendons aux saints, ont rejeté la plupart des noms de l’Hagiographie catholique, surtout ceux des siècles modernes. Le Nouveau Testament ne leur fournissant qu’un nombre limité de dénominations, ils ont dü faire de fréquents emprunts à l’ancienne Loi. Toutefois, ils rejettent

(1) Rituels de Paris (1615), de Séez (1634), de Rouen (1640), de Meaux (1645), de Bourges (1646), etc.

(2) Discipl. eccles. gallic., c. xt, can. 14.

(3) Syn. Aurelian. (1562), c. 11, art. 21, ap. Aymon.,t. I, p. 113.

(4) Concil, Buscoduc. (1571), tit. II, c. 13.

(5) Inscr. chrét. des Gaules, préface, p. exur.

ordinairement ceux auxquels ne sont point attachés des souvenirs de grandeur ou de vertu. Leurs théologiens, par exemple, ont discuté sur la licité de prendre le vocable de Balthasar. Menzer, qui le portait, s’en fit le défenseur (1), et Calvin, en le proscrivant, nous dit son biographe Théodore de Bèze (2), suscita des troubles à Genève.

Cette affectation des Protestants à choisir des noms de l’Ancien Testament entraîna contre eux la réaction des Catholiques, et ces vocables furent proscrits par un certain nombre de théologiens, comme Vasquez et Quintanaduenas ; des synodes français et étrangers (3), ainsi que beaucoup de Rituels des xvi° et xvri° siècles (4), désapprouvèrent l’emploi de ces noms, qui pouvait faire confondre les Catholiques avec les Protestants et les Juifs, ou, du moins, ils exigèrent qu’on y ajoutât un vocable de saint de la nouvelle Loi. Quelques-uns de ces Rituels, dans l'énumération des noms juifs qu’ils déconseillent, oublient que plusieurs d’entre eux appartiennent également à l’'Hagiographie catholique; qu’il y a eu, dans le Christianisme, des saints de la nouvelle Loi nommés Aaron, Abel, Abraham, Adam, Ananie, Benjamin, Daniel, David, Isaac, Jacob, Jérémie, Jonas, Samuel, Suzanne, etc., et que ceux-là, du moins, doivent rester à l'abri des proscriptions liturgiques. C’est là une observation qu’aurait pu faire le poète Isaac Benserade, alors que son évêque, en le confirmant, voulut lui changer son prénom qu'il trouvait malséant; mais l’enfant s’avisa seulement de demander ce qu’on lui donnerait de retour ? L'évêque rit de cette saillie et lui laissa son prénom.

Le Nouveau Testament a fourni un grand nombre de noms de baptême ; toutefois, celui de Jésus est resté entouré d’un trop grand respect pour être adopté par les fidèles. Il y eut cependant quelques exceptions à cet égard. Un saint évêque d'Éleuthéropolis, au premier siècle, s’est appelé Jésus le Juste; la V. Marie d'Agreda, baptisée en 1602 à Notre-Dame de Mayence, y reçut le prénom de Marie de Jésus. Le nom de Gésualda est assez fréquent en Italie. Dans les Indes orientales, les néophytes étaient si habitués à emprunter le nom du Sauveur en recevant le baptême, que le concile de Diamper, en 1550, se trouva

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(2) Vit. Calvini, p. 84.

(3) Assemblée du clergé de Melun (1537); Synodes de Diamper (1550), de Bordeaux (1583), de Bourges (1584), de Mexico (1585); Statuts des diocèses de Besancon (1604) d'Orléans (1664), d'Agen (1673), etc. ; ;

(4) Rituels de Paris (1615 et 1630), de Meaux (1647), de Chälons-sur-Ma 6 Troyes (1660), d'Albi (1647), etc. : rne (1647), de

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