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LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES SET

s’y livrer au commerce, même à celui des objets religieux (1). Au xvu° siècle, on respectait encore ces annexes extérieures, détruites depuis en si grand nombre, et les statuts de divers diocèses ordonnent que « les porches des églises seront soigneusement conservés pour y faire les anciennes cérémonies qui concernent les Catéchumènes et les pénitents (2). » La destruction de ces abris protecteurs a dû contribuer à laisser introduire dans l’église le cortège baptismal, pour le prémunir du froid, du soleil, du vent et de la pluie, et cette tolérance aura gagné, peu à peu, même les églises munies de porche ou d’auvent. Quelques Rituels continuèrent à maintenir la prescription purement et simplement, d’autres admirent des exceptions pour les cas de nécessité; d’autres enfin (3) permirent d'introduire tout d’abord l'enfant dans l'église, dans un endroit voisin des fonts : « C’est moins la violation de la rubrique, disent les Conférences du diocèse d'Amiens (4), qu’une interprétation bénigne, motivée par de graves raisons. » Dans plusieurs grandes églises, comme à la cathédrale de Versailles, il y a une chapelle spéciale consacrée aux préliminaires du baptême. A Rome, c’est dans une sacristie de Saint-Jean de Latran que, la veille de Pâques, ont lieu les prières préparatoires et les exorcismes.

La station à la porte de l’église a disparu à peu près partout en Grèce; elle s'est maintenue en Arménie et dans quelques autres contrées de l'Orient. En Russie, le pope reçoit l’enfant à la porte du temple et bénit le parrain et la marraine en leur disant : Que le Seigneur protège votre entrée et votre sortie !

ARTICLE IL

Enterrogations préliminaires

En étudiant successivement chacun des rites du baptême, nous exposerons d’abord le formulaire et l’usage de l'Eglise romaine et de

(1) Conciles d'Arles, de Tours, de Gênes, de Milar, de Bourges; synodes d’Exester, d’Alet, Naples, Plaisance, Osmo, Viterbe, Catane, Padoue, Cahors, Beauvais, etc.

(2) Statuts du diocèse de Noyon (1673).

(3) Rituels de Malines, Bruges, Gand, Cambrai, etc.

(4) Compte rendu de 1866, p. 39.

l’Église grecque; nous indiquerons le sens de la cérémonie, son antiquité, et les témoignages que lui rend la tradition; nous signalerons ensuite les variantes de coutumes qu’on rencontre au moyen àge et dans les temps modernes dans les églises d'Occident et d'Orient ; quand il y aura lieu, nous noterons les controverses des théologiens sur des matières contestées, et enfin nous recueillerons les opinions et les usages des communions dissidentes.

D'après l’ordre baptismal du Rituel romain, le prêtre, placé sur le seuil de la porte occidentale, adresse à l'enfant les questions suivantes auxquelles le parrain répond pour lui :

Le prêtre : N., que demandez-vous à l'Eglise de Dieu ?

Le parrain : La foi.

Le prêtre : La foi, que vous procure-t-elle ?

Le parrain : La vie éternelle.

Le prêtre: Si donc vous voulez entrer dans la vie, observez ces commandements : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre Âme, de tout votre esprit, et votre prochain comme vous-même.

Cette demande de la foi qui produit la vie éternelle a été supprimée par beaucoup de Rütuels des deux derniers siècles, et Gibert (1) les approuve sous ce prétexte que Dieu seul peut donner la foi; mais il y a deux sortes de foi: la foi intérieure, qui est en effet un pur don de Dieu, et la foi extérieure, dont parle saint Paul — fides ex auditu — laquelle nous est communiquée par l'Église, dépositaire de toutes les vérités du salut. D'ailleurs, le mot fides peut ici s'entendre du sacrement de la foi et de la grâce sanctifiante.

Ces interrogations préliminaires sont un souvenir de l’ancienne discipline. Saint Denys l’Aréopagite nous dit (2) que celui qui voulait être baptisé cherchait d’abord un parrain, se faisait présenter par lui à l’évêque qui formulait alors cette question : Que demandez-vous ? Le candidat, abjurant son infidélité, témoignait le désir de participer aux divins mystères, et l’évêque faisait inscrire son nom avec celui du parrain dans la liste des Catéchumènes.

Les interrogations actuelles du Rüituel romain se retrouvent en substance dans les Pontificaux des 1v°, v° et vi° siècles, de Rome, de Constantinople, d'Aix, etc. Elles ont une forme toute différente dans l'antique liturgie ambrosienne conservée jusqu’à nos jours :

(1) Consultat cañon., t. ÎI, p. 32t:

{2) Hierarch. eccl. c. 1.

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