‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 194 sur 445 · LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

« que tu éprouves, t’avaient été comme annoncées sous des figures « bien sensibles. Ne t'es-tu pas vu ravagé dans les plaies qui déso- « lèrent l'Égypte, submergé dans les eaux qui engloutirent Pharaon, « accablé sous l’anathème qui détruisit Jéricho, vaincu dans les sept « peuples chananéens ? C’est toi que subjugua Samson dans les Phi- « listins, que tua David dans Goliath, que pendit Mardochée dans « Aman, que Daniel fit rejeter dans Bel; puni dans le dragon, poi- « gnardé dans Holopherne par Judith, le Seigneur t'a enfin soumis « aux empires du monde! c’est Paul qui t'aveugla dans le magicien, « qui te brûla dans la vipère qui le piquait : Pierre te rompit les « jambes dans Simon, et aujourd’hui tout ce qu’il y a de saints per- « sonnages te mettent en fuite, te tourmentent, te brisent et te « replongent dans ces feux éternels, dans ces ténèbres infernales, « auxquelles tu es si justement condamné : comment, après tant de « défaites, oserais-tu disputer encore à Jésus-Christ Notre-Seigneur « la conquête de l’homme, lui qui ne s’est fait second Adam que « pour délivrer le premier : fuis donc, quelque part que tu sois; fuis, « malheureux esprit, et ne rentre plus dans des corps que l’on dévoue « si solennellement à Dieu; que toute demeure t’y soit pour jamais « interdite. C’est au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit que « je te l’ordonne; c’est par la gloire de la Passion de Notre-Seigneur « dont le sang est le prix de leur salut, dont l’avènement est l’objet de « leur attente, et le jugement, celui de leur foi. Par Notre-Sei- « gneur.… »

Pour ceux qui n’admettent pas une sorte de possession congénitale par le démon, ces objurgations peuvent paraître bien extraordinaires. C’est un principe de foi, malheureusement trop peu compris de nos jours, que depuis le péché d'Adam, l'esprit des ténèbres exerce une puissante et funeste influence, non seulement sur les créatures vivantes, mais aussi sur les objets inanimés de la création matérielle. « Le monde est tout entier sous la puissance du malin esprit », comme l’a proclamé saint Jean (1). Le triomphe qu'il remporta sur le premier homme a laissé un si impérissable souvenir dans l'humanité, que partout et toujours les croyances religieuses ont fait une large place au mauvais principe, qu’on l'ait appelé Typhon, Python, Ahriman, Cacus ou Satan. Cette doctrine a été professée non seulement par les philosophes, comme Celse, Porphire, Jamblique, Plotin, etc., non

(1) Z Epist., v, 19.

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