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seulement par les Juifs, qui faisaient remonter à Salomon leurs formules d'exorcismes, mais par toutes les mythologies antiques ou modernes, en Orient comme en Occident, dans les Indes comme en Amérique. Partout on a tâché par des prières, par des objurgations, par des sacrifices, de détruire ou d’atténuer l'influence de l'esprit du mal; tel était le xabspués des Grecs où l’eau lustrale, l'air agité, l'encens, les aromates et certaines formules liturgiques avaient pour but d'exorciser le mauvais principe et de le chasser des habitations.
Si personne ne conteste l'antiquité de l’exorcisme en général, on est en désaccord sur celle de l’exorcisme baptismal. Walafrid Strabon (1), sans lui assigner une date précise, place cette cérémonie avec celles qui sont postérieures aux temps apostoliques. Sicard, évêque de Crémone (2), et Durand de Mende (3) rangent cette institution parmi celles qui auraient été fondées par saint Ambroise, saint Damase et saint Léon le Grand. Beaucoup d’auteurs protestants (4) se sont emparés de cette opinion erronée, et profitant du silence gardé par saint Justin et Tertullien, ont conclu que les exorcismes ne remontent qu'au mm ou au 1v° siècle, et sont dus à l’influence des Néoplatoniciens. Les uns (5) ont pensé qu’on exorcisa d’abord les enfants des païens, que l'on considérait comme étant possédés du démon, et que cet usage s’étendit ensuite à tous les enfants indistinctement. D’autres (6) ont prétendu qu'on exorcisa d'abord seulement les énergumènes, très nombreux dans les premiers siècles, et que plus tard ce rite fut appliqué indifféremment à tous les Catéchumènes.
Quant à nous, nous croyons que l'exorcisme baptismal est une application spéciale de l’exorcisme des démoniaques. Puisqu'il est fondé sur la croyance de la domination des mauvais anges sur toute la création, il doit remonter à une haute antiquité. Saint Augustin nous dit (7) que cette pratique a toujours été en usage dans l’Église, et saint Cyrille (8) ajoute qu’elle a son origine dans l’Écriture sainte. Les
(1) De Reb. eccl., c, xxvi.
(2) Mitrale, 1. VI, c. xiv.
(3) Ration., 1, VI, c. Lxxxntr, n, 38.
(4) À Hoeker, De orig. exorc. in bapt.; Daillé, De cultu lat. relig., 1. 1, c. xur, p. 62; Mosheim, Hist. eccl,, 1e siècle, 2€ part, ch, 1v, 2 4; Pertschen, Versuch einer Kirchen Historie, 11x.
(5) Matthies, Bapt. expos., p. 202.
(6) Hildebrand, Rüituel. bapt. veter., p. 43; Fr. Schmidt, Essai sur la doctrine du baptême, p. 47.
(7) Serm. X de verb. apost.
(8) Cat, 1,