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CHAPITRE II

Rites, cérémonies et coutumes qui accompagnent ou accompa= gnaient jadis l’administration du baptème

ARTICLENT

Entroduction dans l’église

Le prêtre impose l'extrémité de son étole sur l'enfant, en disant : « N..., entre dans le temple de Dieu pour que tu aies part avec le Christ à la vie éternelle. Amen. »

Dans quelques anciens Rituels de France, on trouve cette variante : « N..., entre dans la sainte église de Dieu, afin d’y recevoir de Notre- Seigneur Jésus-Christ la bénédiction céleste et d’y partager son héritage avec Lui et ses saints. » Dans l’ancien Cérémonial milanais de Bérolde, on lit cette formule : « Entrez, mes enfants, dans la maison de Dieu. Écoutez votre Père qui vous enseigne le chemin de la science. »

On introduit solennellement l'enfant dans l’église, pour marquer que c'est le baptême qui lui donne accès dans l'Église de Jésus-Christ; que désormais le temple saint sera sa maison et le Ciel sa patrie, parce qu’il va devenir enfant de Dieu, et que dans l'Église seule se commu nique cette filiation spirituelle et l’opération du salut.

Les écrivains du moyen âge font observer que l’étole étant la marque de l’autorité du prêtre, c’est en l’imposant sur la tête du Catéchumène que le pasteur ou son délégué introduit un nouvel agneau dans sa bergerie; qué l'étole, marquée de la croix, indique aussi le joug de la loi chrétienne auquel sera soumis le nouveau baptisé.

Dans quelques diocèses de France, comme à Toulon, le prêtre tirait l'enfant par un des coins de ses langés, comme pour mieux lui exprimer la permission d’entrer dans l’église.

Nous voyons par les anciens Rituels et surtout par ceux d'Italie (1), qu'après être entré dans l’église on déposait l'enfant au milieu de la nef, soit sur le sol nu, soit sur un tapis de laine ou de soie, pendant que le prêtre récitait quelques prières. Dans le Rite ambrosien, l’enfant était aussi déposé à terre, mais près des fonts, les pieds tournés vers-le baptistère, tandis que le prêtre récitait le Credo et le Pater. Ce rite d'humiliation semble remplacer pour les enfants les pénitences qu’on imposait aux Catéchumènes. On sait d’ailleurs que le Compétent se mettait à genoux pour solliciter la faveur de passer dans les rangs des Élus. Dans presque tous les documents hagiographiques où sont relatées des demandes de baptême, nous voyons qu’elles sont accompagnées de prostration. On aura sans doute voulu perpétuer ce souvenir, en prêtant aux enfants les sentiments d’humilité et de supplication qui devaient animer les candidats adultes.

Un ancien Processionnal manuscrit de Sienne, communiqué à Trombelli (2), contient l'hymne suivante qu’on chantait en se rendant aux fonts baptismaux :

Rex sanctorum angelorum, Totum mundum adjuva.

Ora primum tu pro nobis Virgo mater Germinis,

Et ministri Patris summi, Ordines angelici.

Rex sanctorum, etc.

Supplicate Christo regi, Cætus apostoloci, Supplicetque permagnorum Sanguis fusus martyrum.

Implorate confessores, Consonentque virgines

Quo donetur nobis magnæ Tempus indulgentiæ.

(1) Antique Ordo d’Aquilée, cité par Bernardo da Venezia (t. 1, p. 39); Ordo de Ravenne (æne s.) cité par Trombelli (de Bapt., t. V, p. 367); Rituel milanais de S. Charles Borromée ; anciens Rituels de Venise, Bologne, Mantoue, Vérone, etc,

(2) De Bapt,,t. I, p. 322.

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