LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES
Omnes sancti atque justi, Vos precamur cernui,
Ut purgetur crimen omne Vestro sub oramine.
Cujus, Christe rector alme, Plebis vota suscipe, Qui plasmasti protoplastum Et genus gigantium.
Mitte sanctum nunc amborum
Spiritus Paraclitum
In hanc plebem, quam recentem
Fons baptismi parturit,
Fac interna fontis hujus, Sacratum mysterium, Qui profluxit cum cruore Sacro Christi corpore.
Et lætetur mater sancta, Tota nunc Ecclesia, Et profectus renascentis Tantæ multitudinis.
Præsta Patris atque Nati Compar Sancte Spiritus, Ut te solum semper omni Diligamus tempore.
Rex sanctorum, etc.
En Arménie, la femme qui tient l'enfant, lorsqu'elle est entrée dans l'église, fait autant de génuflexions que l’enfant compte de jours, après quoi elle le dépose sur le sol (1).
ARTICLE II
Les assistants
Nous aurions pu, dans le chapitre précédent, parler du cortège baptismal se rendant à l’église; mais, afin d'éviter les redites, nous avons préféré attendre que tous les assistants fussent groupés autour
(1) Léon Boré, Arménie, p. 134.
ot
des fonts pour en dire quelques mots. Nous nous occuperons tour à tour du clergé, de l'enfant, du porteur ou de la porteuse de l'enfant, de la sage-femme, du parrain et de la marraine, du père et de la mère, des porteurs des Honneurs du baptême, et des fidèles.
Le CLercé. — Le prêtre, accompagné de deux clercs, dont lun porte un flambeau allumé et l’autre le vase de sel, est tourné vers l'Orient, c’est-à-dire vers l'autel majeur. Le bedeau rend les services qui rentrent dans ses fonctions, tandis que le suisse maintient l'ordre dans l'église. Pour les baptêmes de première classe, le curé est assisté de ses vicaires. De même que, dans les premiers siècles, l’évêque était accompagné d’un certain nombre de prêtres et de diacres, il fut longtemps d'usage, dans les baptêmes postérieurs de paroisse, que le curé fût aidé par un diacre. Les capitulaires d'Othon IT, évêque de Verceil, en font même une obligation expresse (1).
Dans les cérémonies du baptême des enfants de France, le cardinal qui baptisait était ordinairement assisté de douze archevêques et évêques.
Au baptême des Grecs, il y a généralement plusieurs prêtres. En Russie, le pope est toujours accompagné, même dans les baptêmes à domicile, de son diacre et de son lecteur. Chez les Maronites, le diacre, en se rendant à la porte de l'église pour recevoir l’enfant, porte l’encensoir et le vase d’eau bénite dont le jeune Catéchumène doit être aspergé, après avoir été béni par un signe de croix (2). Dans le Rituel éthiopien du x° siècle, le ministre est accompagné d’un prêtre assistant, d’un diacre et d’un sous-diacre (3).
L'ENFANT. — Les enfants des familles riches sont revêtus d’une robe blanche, d’une pelisse et d’un chrémeau brodé dont le prix est parfois fort élevé. En Italie, la sage-femme procure ordinairement aux enfants pauvres, soit comme prêt, soit comme don, des vêtements peu en harmonie avec leur condition future. Dans les villages du Var, l'enfant est enveloppé dans une petite couverture de soie frangée, qu'on appelle forlefte. Dans chaque village, il y en a deux ou trois qu'on emprunte successivement pour les baptêmes (4). Plusieurs
1) Cap. xx, ap. d’Achéry, Spicil., t, VIIL, p. 0. 2) J.-A. Assemanïi, Cod. liturg., 1. IC NP Pro: À Ordo bapt. Æthiop., ap. Patr. lat. t. CXXXVIII, col. 036.
4) Mgr Jauffret, Mœurs et coutumes du canton de La Rochebraïissane (Var).