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droite et l'oreille gauche de l’enfant, en disant : « Ephpheta, c'est-àdire : Ouvre-toi, » puis les narines, en disant : « En odeur de suavité. Quant à toi, diable, enfuis-toi. »
Les anciens croyaient que la salive avait un grand pouvoir contre les enchantements (1) : aussi les nourrices et les matrones frottaientelles le front et les lèvres du nouveau-né avec un peu de terre délayée dans de la salive (2). Notre-Seigneur a communiqué une vertu surnaturelle à cette lustration, en l’employant pour la guérison de l’aveuglené. « Jésus, en passant, nous dit saint Jean (1x, 1), vit un homme qui était né aveugle. il cracha à terre, et, ayant fait de la boue avec sa salive, il en frotta les yeux de l’aveugle et lui dit : « Allez vous laver « dans le bain de Siloé. » L’aveugle s’en alla donc, se lava et recouvra la vue. » D'un autre côté, saint Marc (vir, 32) nous raconte que Jésus, prenant à l'écart un sourd-muet, lui mit les doigts dans les oreilles et ayant tiré de sa salive, lui toucha la langue; puis, levant les yeux au ciel, il jeta un soupir en disant : Ephpheta, mot syriaque qui signifie : Ouvrez-vous, et aussitôt les oreilles du sourd-muet s’ouvrirent, sa langue se délia et il parla librement. Ce sont ces deux actions du Sauveur que l'Église a voulu imiter pour leur faire produire les mêmes grâces, pour indiquer que l’âme de l'enfant, jadis sourde à la vraie doctrine, va être guérie par le baptême et que désormais il devra tenir les oreilles ouvertes aux enseignements de Jésus-Christ.
Puisque Notre-Seigneur toucha la bouche du muet de l'Évangile, on pourrait se demander pourquoi l’onction de la salive se fait sur les oreilles et les narines et non pas sur les lèvres du Catéchumène. L'auteur du Livre des Sacrements en donne une raison de convenance, en disant qu’il ne siérait pas au ministre de toucher la bouche d'une femme. Il faut en conclure qu’on a substitué les narines aux lèvres; mais cette modification n’a pas été universelle, car des écrivains du moyen âge (3) nous disent qu’en divers endroits on touchait avec la salive la langue ou la bouche du Catéchumène.
Les écrivains ecclésiastiques expliquent le symbolisme de cette cérémonie. « Pourquoi, demande saint Ambroise (4), le prêtre vous at-il touché les oreilles? C’a été pour les ouvrir à la parole sainte. Il vous
(1) Ecce avia, dut metuens divum matertera cunis exemit puerum, frontemque atque üda labella infami digito, et lustralibus ante salivis expiat, urentes oculos inhibere perita. (Perse, Sat. II, xxx1.)
(2) Pline, ist. nat., 1. XXVIIL, c. 1v,
(3) Leidrade, De Sacr. baptism.; Haÿmon, Homil, in Domin. XIII post Pentec,
(4) De Sacram., c. 1.