LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME
Au-dessus des quinze arcatures de l’intérieur, s'élèvent deux rangs superposés de galeries. La cuve baptismale, en marbre blanc de Vérone, datée de 1294, est supportée par un lion et décorée de rinceaux, de palmes, d’entrelacs et d'oiseaux. Au-dessus des fenêtres, des bustes encadrés représentent des Vertus. Les peintures du dôme et des absides, œuvres d'artistes grecs des xiv® et xv° siècles, offrent l’histoire de saint Jean-Baptiste, les prophètes, les évangélistes, les apôtres et l'image symbolique du cerf plusieurs fois répétée.
PEsaro. — Le baptistère de cette ville, San Giovanni Battista, a été publié et décrit par Annibal Olivieri de Abbatibus, dans la monographie intitulée : Dell'antico battistero della santa chiesa Pesarese. Pesaro, 1777, in-4°.
Pise. — Le baptistère circulaire de Saint-Jean, construiten marbre blanc, en face du Duomo, fut commencé en 1153, comme l'indique une inscription placée sur le premier pilier, à droite en entrant: MCLIIT mense avg. fyndata frit haec ecclesia, tandis qu’une autre inscription,
sur le pilier ë à gauche, donne le nom de l'architecte : Deofrsalyi magister hvivs opis. En 1164, on fut obligé, pour continuer l’œuvre, d'imposer une contribution générale qui produisit 34,000 florins. De considérables modifications eurent lieu en 1278, comme l'indique une inscription du premier étage : annt Dni MCCTXXVIIT edifichata frit de novo. A l'extérieur, le rez-de-chaussée se compose de colonnes corinthiennes engagées dans les murs et soutenant des arcs cintrés. Au premier étage, une galerie circulaire a été mal ajustée après coup; ses détails ogivaux D | être durxiv° Siècle. Ce mélange de style roman avec un mauvais gothique produit un ensemble peu harmonieux. Les cordons dentelés de la coupole se réunissent à un couronnement qui supporte une statue de saint Jean-Baptiste, le patron du monument. Il y a quatre entrées; la porte principale est décorée de sculptures de la fin du xu° siècle, représentant la décollation de saint Jean et divers mystères de la vie du Christ.
Le baptistère a 50 mètres de dia- Plan du Baptistère de Pise. mètre et 55 mètres d’élévation à
l'intérieur ; huit colonnes isolées et quatre pilastres soutiennent la loge du premier étage, et forment douze arcades cintrées. La plupart des colonnes et des chapiteaux sont antiques: ce sont des débris du temple de Diane à Ephèse que les Pisans allèrent recueillir sur leurs vaisseaux. La voûte, qui est hémisphérique à l'extérieur, est conique à l'intérieur. La cuve octogone en marbre blanc, sculptée par le Siennois Lino, s'élève sur un stylobate de trois degrés ; elle est surmontée d’une statue en bronze du Précurseur. La grande cavité centrale est cantonnée de quatre cuvettes destinées probablement au baptême des enfants. M. Quatremère de Quincy fait à ce sujet une singulière supposition : « Il est à présumer, dit-il (1), que le prêtre se tenait dans la division du milieu, d’où, pouvant se retourner facilement de tous côtés, il était à portée de baptiser successivement dans les autres divisions qui formaient autant de petites cuves étroites où l’on plongeait les enfants qui recevaient le baptême. II en résultait une facilité pour faire un grand nombre de baptêmes, indépendamment de la propreté qu'on trouvait à ne pas faire de communication des eaux. »
Il nous paraît probable que les quatre cuvettes d'infusion sont une addition postérieure; on reconnut sans doute le danger d’immerger les jeunes enfants dans un bassin si large et si profond ; mais le prêtre n’a jamais dû se placer dans le fond de la grande cuve.
Tout le monde connaît, au moins de réputation, la célèbre chaire hexagone en marbre blanc, l’un des chefs-d'œuvre de Nicolas de Pise (1260). Elle est décorée de cinq bas-reliefs représentant la naissance du Sauveur, l’adoration des Mages, la présentation au Temple, le Crucifiement et le Jugement dernier (2).
Pisrora. — Son baptistère, dont la construction est attribuée à André de Pise (1337), est octogone, bien qu’on l'appelle San Giovanni Rotondo. La maçonnerie est revêtue de marbre blanc et noir. La partie supérieure du monument est entourée d’une rangée de colonnettes ; la coupole hexagone se termine par une élégante campanille,
RavEnNNE. — Cette ville possède deux antiques baptistères ; celui de
(1) Encyclop. méthod., Architecture, vo Baptistère.
(2) Cf. Martini, Theatrum Basilicæ Pisanæ ; Ranieri Grassi, Descrizione di Pisa; G. Rohault de Fleury, les Monuments de Pise au moyen âge.
la cathédrale, dédié à saint Jean, et celui des Ariens, qui est devénu l’église paroissiale de Sainte-Marie 37 Cosmedin.
Le baptistère de la cathédrale, érigé au 1v° siècle par l’archevêque saint Orso, fut restauré et peut-être même refait en entier en 451 par l'archevêque Néon, dont l’œuvre est célébrée dans l'inscription suivante :
Cede vetus nomen, novitati cede vetustas,
Pulchrius ecce nitet renovati gloria fontis; Magnanimus hunc namque Neo, summusque sacerdos Excoluit pulchro componens omnia cultu.
Cet édifice octogone, construit en briques, a été restauré en 1862 ; on y pénètre par deux portes qui ont dû servir, selon M. de Rossi (1) l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes. A l'intérieur, l’ordre inférieur est formé de huit colonnes en marbre, avec chapiteaux dissemblables, supportant des arcades. Les vingt-quatre colonnettes de l'ordre supérieur, également surmontées d’arcades, supportent un dôme formé de tubes et de cylindres creux en brique, à la manière des Byzantins, et surmonté d’une croix en métal qui porte la date de 688.
La cuve baptismale est un vase antique, provenant, comme la plupart des colonnes, d’un tem- |
ple de Jupiter détruit à Césarée. Elle est relé- \
a ia aujourd’hui cons ANNEE guée aujourd’hui con | AN
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de droite.
placés dans l’absidiole Cuve du Baptistère de Ravenne. Late tde cou
pole, ainsi que les murs, est decorée de mosaïques du v° siècle qui représentent, entre autres sujets : le baptème du Sauveur, les douze apôtres, les huit prophètes, les Saints Évangiles placés sur quatre pupitres, quatre trônes sacrés surmontés de croix, huit sièges épiscopaux antiques, etc. Dans ces derniers emblèmes, Ms" Martigny (2) voit l’idée d’un concile représentée hiéroglyphiquement. Au-dessous
(1) Bullettino, t. IV, p. 73.
(2) Dict. des ant. chr., v° Baptistère, p. 73.
du baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ se trouvent les inscriptions suivantes :
Beati quorum remisse sunt iniquitates, Et quorum tecta sunt peccata.
Beatus vir cui non imputavit Dominus peccatum.
Ubi deposuit Ihs vestimenta sua et misit aquam In pelvim, cœpit lavare pedes discipulorum suorum.
In locum pascuae ibi me collocavit.
Super aquam refectionis educavit me (1).
M. Kugler (2) considère les mosaïques de ce baptistère comme les plus parfaites au point de vue de l’art, tant par les figures que par l’ornementation qui se rapproche du goût antique. Tous les personnages sont vus de face, afin que les fidèles ne perdent rien de leurs traits.
L'église Santa Maria in Cosmedin est le baptistère que l’empereur Théodoric fit bâtir pour les Ariens qui répugnaient à faire baptiser leurs enfants avec ceux des Catholiques. C’est un édifice octogone où les arcs reposent immédiatement sur des colonnes dépourvues d’entablement. Après que les Ariens en furent dépossédés, vers l’an 553, l’archevêque saint Agnel fit décorer la coupole de mosaïques qui ont beaucoup d’analogie avec celles du baptistère de la cathédrale. La vasque baptismale est en granit oriental.
Il y avait un troisième baptistère à Classis, partie de la ville qui entourait l’ancien port et formait comme une cité à part, qui eut sans doute son évêque particulier.
Rietr. — Le baptistère dédié à saint Jean 17 fontibus est entièrement distinct de la cathédrale et s'ouvre sur son portique. C’est là que sont baptisés tous les enfants de la ville et des faubourgs et qu'ont
lieu les communions pascales. Hors de ces deux cas, le baptistère reste toujours fermé.
Rome. — La cité des Papes, en raison de son importance, posséda, de bonne heure, un certain nombre de baptistères. Nous allons dire quelques mots de ceux des basiliques de Latran et du Vatican, de Sainte-Constance, de Sainte-Pudentienne et de Saïinte-Praxède.
(1) Maï, Script. vet., t. V,.p. 175.
(2) Geschichte der Malerei, t. I, p. 30 ; Cf. Girolamo Fabri, Sagre Memorie di Ravenna, p. 214; Spreti, Hist, de Ravenne; Bull. monum., t. VII, p. 106.