‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 22 sur 445 · LIVRE XI. -— DES LIEUX DU BAPTÈME AI · texte numérisé non relu

LIVRE XI. -— DES LIEUX DU BAPTÈME AI

BAPTISTÈRE DE COoNSTANTIN. — Le baptistère de Saint-Jean de Latran, San Giovanni in fonte del Laterano, est plus communément appelé baptistère de Constantin, du nom de l'empereur qui le fit ériger. Cet édifice octogone, sans absides, est le plus ancien des monuments de ce genre qui existent aujourd’hui. Les ornements antiques ont disparu pour la plupart, mais les principales divisions primitives ont été conservées, malgré les modifications successives opérées par les papes Adrien 1°, Grégoire XIII, Clément VIII, Urbain VIII et Innocent X.

Deux belles colonnes en porphyre, richement ornées de bases et de chapiteaux composites, forment le porche. Quatre autres portes conduisent aux oratoires de saint Jean-Baptiste, de saint Jean PÉvangéliste, de saint Venance et à la petite église de Sainte-Marie ad fontes.

La coupole, éclairée par une lanterne, est supportée par deux rangs de colonnes superposées. Les huit magnifiques colonnes inférieures, en porphyre, supportent un entablement antique sur lequel s'élèvent huit autres colonnes en marbre blanc. La piscine octogone appartient également à la construction constantinienne. La maçonnerie se compose d’un rebord élevé à la hauteur d’une marche de 25 centimètres, et ayant à l’intérieur une profondeur de 35 à 45 centimètres.

La colonnade circulaire reposé sur ce rebord. On descend par trois marches dans ce bassin, au milieu duquel s'élève une baignoire antique de basalte vert, fermée par un couvercle en bronze doré.

Les peintures à fresque d’Andrea Sacchi, de Camassei et de Maratta se rapportent à la vie de saint Jean-Baptiste et à l’histoire de Constantin. Dansla chapelle de saint Jean-Baptiste, on remarque deux colonnes de porphyre à bases et chapiteaux de serpentin, et une statue en bronze du Précurseur, par Valadier. Dans celle de saint Jean l’Évangéliste, se trouvent deux colonnes d’albâtre oriental et la statue en bronze du disciple bien-aimé, par Jean-Baptiste de la Porta. Dans l'oratoire de saint Venance, des mosaïques du vu‘ siècle représentent le Sauveur entre deux anges, la Vierge entre saint Paul et saint Jean l'Évangéliste, saint Venance, plusieurs autres saints, Jean IV et Théodore I*.

Piscine du Baptistère de Latran.

D'après Baronius (1), Constantin se serait fait baptiser dans l’un des vestibules du palais de Latran, parce qu'il ne voulait pas se montrer au public dans l’état hideux où l'avait mis sa lèpre (2). On cn a conclu que le baptistère actuel faisait partie du palais de Constantin, ce qui n’est nullement admissible. « Le baptistère de Saint-Jean #n fonte, dit Nardini (3), passe pour avoir été l’antichambre impériale; mais, de fait, ce bâtiment ne fut jamais ni antichambre, ni atrium, ni bain privé; car Anastase dit clairement, dans sa Wie de saint Sylvestre, que Constantin bâtit en ce lieu des fonts baptismaux ; il les dépeint comme ayant la forme que nous leur voyons aujourd’hui, et parle des colonnes de porphyre qu’on y admire encore; il me semble donc évident que le baptistère et l’église furent bâtis hors de l'enceinte du palais, lequel, suivant mon opinion, était compris entre ledit baptistère et les murs. »

Le baptistère érigé par le pape saint Sylvestre aux frais de Constantin fut enrichi par l'Empereur de revenus considérables, assignés sur des biens-fonds situés à Rome, en Italie, en Sardaigne, en Grèce, en Numidie, en Afrique, etc. Ces revenus étaient probablement consacrés aux frais de parfums et de luminaires, et aussi à fournir des cierges et des vêtements blancs aux baptisés. Comme nous ne trouvons point trace de budget spécial pour d’autres monuments de ce genre, nous devons en conclure que ce fut là un fait unique, et que les dépenses que pouvaient occasionner les baptistères restaient à la charge de la cathédrale dont ils étaient l’annexe.

Le baptistère de Latran fut dévasté en 410 par Alaric, roi des Goths ; en 455, par Genséric, roi des Vandales ; en 546, par Totila, roi des Ostrogoths; en 755, par Astolphe, roi des Lombards; en 846, par les Sarrasins d'Afrique; en 1527, par l’armée de Charles V.

(1) Ann., t. IT, ad ann. 324.

(2) Les uns croient que Constantin a été baptisé à Rome, par S. Sylvestre, dans le baptistère de Saint-Jean de Latran; les autres, adoptant le récit d’Eusèbe de Césarée, soutiennent que l'Empereur n’a été régénéré qu’à la fin de sa vie, à Nicomédie. Sur cette question si controversée, on peut consulter : Baronius, Annal., t. III, ad ann. 324; Berti, Dissert. eccles., t. U, p.62; Bingham, Orig. eccles. t. IV, 1. XI, c. vi; De Brogjlie, l'Eglise et l'Empire romain, 1e part.; Cellarius, Exercit. hist. de primo principe christiano ; F. Collet, Prælect. theol. t. XV, Diss. de bapt. Constant.; Dumont, article inséré dans l’'Ami de la Relig., juin 1849; Duguet, LXIXe dissertat.; Fuhrmann, Hist. sacr. de bapt. Constant. 2, V.in-4; Guéranger, Essai sur le naturalisme contemporain, ch. xiv, xv et XVI ; Pagi, Crit. in Baron., ann. 324; Papebrock, Act. SS. Maii, t. V, Vit. Const., c. t: Rocca, Thes. pontif. antiq., t. Il, p. 254; Scheclstrate, Concil. Antioch. dissert. II, c.1 ; Dissert, de bapt. Const.; Sculterus, Confutatio dissert. Baronii de bapt. Const.

(3) Roma antica, 1. IL, c. vix, p. 102.

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