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LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

Matthieu, avait dit qu'il lui paraissait à propos que les adultes renouvelassent les promesses que leurs parrains avaient faites pour eux et que, s'ils s’y refusaient, il serait peut-être expédient de ne pas les contraindre à régler leur conduite sur une foi qu’ils n’avaient plus. Sur les instances de Noël Beda, principal du collège de Montaigu, la Faculté de Paris condamna cette proposition. En effet, les enfants baptisés sont tenus par le droit divin et même par le droit naturel d'accomplir les promesses faites en leur nom. Ceux qui reçoivent le baptême sont incorporés à l'Église, c’est-à-dire à la société fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ : or tout citoyen qui naît dans une société est astreint, dès l’instant même, à toutes les lois qui la régissent. Erasme, qui ne voulait point se brouiller avec la Sorbonne, chercha à s'excuser en disant qu’il ne doutait point que l’Église ne pût contraindre ses enfants baptisés à demeurer sous ses lois; que son but avait été simplement de susciter de la part des adultes une libre profession de foi qu'il avait crue avantageuse à la religion ; qu’au reste il était disposé à retrancher de ses écrits une opinion qui, contre ses intentions, avait pu scandaliser quelques personnes.

Le baptême était essentiellement, pour les Anabaptistes, une promesse par laquelle on s'engage à mortifier ses passions et à souffrir patiemment les adversités : c’est une des principales raisons pour lesquelles ils ne le conféraient point aux enfants, incapables encore de prendre un engagement.

ARTICLE VII

Des saintes huiles en général

La liturgie emploie les saintes huiles dans le baptême, la confirmation, l’extrême-onction et l’ordre. Dans l’histoire de chacun de ces Sacrements, nous aurons à nous occuper des cérémonies spéciales où elles sont appliquées. Mais avant d’entrer dans ces détails, il est nécessaire d’avoir des connaissances générales sur la nature et la confection des saintes huiles, ainsi que sur les prescriptions liturgiques qui s'y rapportent. Pour ne pas avoir à revenir, à diverses reprises, sur

ces explications préliminaires, nous consacrerons cet article aux saintes huiles en général, et, avant d'aborder l’onction des Catéchumènes, nous nous occuperons successivement : 1° de l’usage et du symbolisme de l’huile dans l’antiquité; 2° de l’ancienneté et de la signification des onctions dans les rites chrétiens; 3° des diverses espèces et des noms des saintes huiles; 4° de la composition des saintes huiles ; 5° de leur consécration; 6° de leur distribution ; 7° de leur conservation ; 8° des

vases aux saintes huiles.

$ 1 De l'usage et du symbolisme de l'huile dans l'antiquité

Chez les peuples anciens, on oignait les enfants nouveau-nés avec de l’huile d'amande douce. Cet usage hygiénique, recommandé par Galien, subsiste encore aujourd’hui dans diverses contrées de l'Orient.

. Dans les pays chauds, les anciens recouraient aux onctions oléagineuses pour résister à l’ardeur du climat et modérer la transpiration; avant les bains, elles garantissaient contre la réaction trop violente de l’eau froide. Les lutteurs s’oignaient d’huile le corps tout entier pour se rendre plus aptes à leur genre de combat.

L'huile ne remplissait pas un simple rôle hygiénique; elle figurait dans les rites religieux de tous les peuples, ce qui démontre que son emploi remonte au culte primitif. Nous voyons Jacob répandre de l'huile sur une pierre qu’il érige en autel. C’est avec une huile composée de myrrhe, de cinnamome, de canne et d’olives, que Moïse consacre l'arche d'alliance, le tabernacle du témoignage, la table d'or, l’autel des parfums, celui des holocaustes, le bassin d’airain et tous les vases sacrés. Les rois, les prophètes et les prêtres étaient consacrés à Dieu par un même genre d’onctions. Ces rites symboliques n'étaient point spéciaux aux Juifs; nous les retrouvons en Chaldée, en Assyrie, en Perse, dans l'Inde, dans l’Arabie, en Asie Mineure, en Grèce, en Italie. On lit dans le Rämayäna (1), que le roi Râma, dernière incarnation de Vischnou « fut consacré en présence de toutes les divinités, réunies dans les airs, avec le suc de toutes les herbes médicinales. »

(MMLTAAMFAUCHE EM 20:

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