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LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

dessus du baptistère où est plongé Clovis, une colombe qui tient suspendue à son bec une ampoule ayant la forme d’un petit pot avec anse à bascule. Ce précieux monument, qu’on n’a pas encore invoqué dans la discussion, serait pourtant d’une importance capitale dans la question, s’il était reconnu, comme le croyait M. du Sommerard, que « c’est la reproduction du sujet d’un des diptyques que Clovis, dans sa toutepuissance, ne dut pas négliger de distribuer, selon l'usage, lors de son avènement au Consulat. »

L'abbaye de Marmoutier possédait une sainte ampoule également très vénérée, qu’on prétendait avoir été apportée à saint Martin par un ange. D’après une autre version, c'était de l’huile bénite par ce Saint et dont il se servait pour guérir les malades. La petite fiole de verre qui la contenait était renfermée dans un reliquaire d’or. Quand ce baume rougeûtre eut servi au sacre d'Henri IV, en 1594, le Roi enrichit le reliquaire d’une belle émeraude enchâssée dans un anneau d’or, précieux joyau qu’en détachèrent, en 1701, les députés d’Indreet-Loire à l’Assemblée nationale, pour en faire hommage à Louis XVI. Deux ans après, la fiole était brisée par les révolutionnaires (1).

« La plupart des petits vases aux saintes huiles qui se conservent au trésor de Monza, dit M# Martigny, (2) sont en verre. Mais plusieurs sont en métal, ornés de figures, et ils offrent un grand intérêt archéologique : on y voit représentées l'adoration des Mages et celle des Bergers, avec cette légende EAEON (pour EAAION) EYAOYZQHK TON ATIQON AUR N R XPICTOY TOIIQN (huile du bois de la Men vie des lieux saints du Christ)... Tous offrent des sujets relatifs aux mystères de l’'Homme-Dieu : la Nativité, la Résurrection, l’Ascension, le Triomphe de la croix ; ce qui autorise Ampoule aux saintes huiles, de Monza. à penser que ces vases sont de ceux qui, primitivement, avaient été apportés de Jérusalem à Rome, pleins de l’huile des Lieux saints. »

(1) Bourassé, Dict. d’arch. sacrée, t. I, p. 211. (2) Dict. des ant. chrét., p. 345.

Oliphant du musée d'Angers.

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