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LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

Les Rituels syriens prescrivent avant la bénédiction de l’eau une première onction sur le front par trois signes de croix, accompagnés de ces paroles : « N... est marqué de cette huile d’onction pour être un agneau dans le troupeau de Notre-Seigneur Jésus-Christ, au nom du Pere et du Fils et du Saint-Esprit; » puis, avant l’ablution, une onction se fait par tout le corps; l’huile doit même pénétrer entre les doigts des pieds et des mains (r).

* Les Maronites, au lieu d’essuyer les onctions, comme nous, avec du coton ou des étoupes, se servent d’eau chaude et de savon, sans se mettre en peine des cris de l'enfant.

Les Rituels des Arméniens ne mentionnent pas l'huile des Catéchumènes; c’est avec le saint chrême que se font les onctions au front, au menton, à l'estomac, aux aisselles, aux mains et aux pieds. Il ne faudrait pas en conclure, comme.on l’a fait, que les Arméniens n’ont jamais connu l’huile des Catéchumènes; car on trouve des bénédictions spéciales pour cette huile dans leurs plus anciens manuscrits (2).

Les Constitutions de l'Église d'Égypte (190-220) ne parlent que des onctions au front, aux oreilles et aux mains; mais aujourd’hui, et peut-être dès le x° siècle, les Coptes ont deux sortes d’onctions des Catéchumènes ; les premières se font après l'entrée dans l’église, sur le front, les épaules, les bras, la poitrine, le dessus et le dessous des mains et les extrémités des doigts, avec cette prière : « N..., je t'oins au nom de l’Église unique qui est le concile ou la congrégation des Apôtres. Que cette huile efface toute l’œuvre de l'ennemi qui nous combat. Amen. » Après la récitation du Credo, le prêtre fait trente-six autres onctions en forme de croix sur les principales parties du corps, avec le galilæon, huile qui a servi à rincer les vaisseaux où était le saint chrême; il récite ensuite des oraisons pour les infirmes, pour les voyageurs, pour la pluie, pour les récoltes, pour l Église, pour les pontifes, pour le roi, pour les Catéchumènes, pour les morts, etc. (3).

Les Nestoriens considèrent l’onction de l'huile sainte comme tellement essentielle que son omission entraînerait la réitération du baptème. Elle se fait aujourd’hui avec l'index, tandis qu’autrefois c'était avec le pouce. Ils donnent pour raison de ce changement que jadis

. (1) J.-A. Assemani, Cod. lit., 1. I, c. v, pp. 224 et 234. — Perp. de l1 foi, t. V,

Hche x (2) Denzenger, Ritus orient.;t. I, p. 35:

(3) Ord. bapt. Æth. ap. Patr. lat., t. CXXXVIIL col. 030 et 935 ; P. Lobo, Relat. hist.

d’'Abyssinie, p. 315.

c’étaient des hommes et des femmes couverts de péchés qui se faisaient baptiser, tandis qu'aujourd'hui ce sont des enfants exempts de tout péché actuel, et qu’il faut user d’un autre mode à leur égard (1). En Angleterre,=on a supprimé les onctions qui se trouvaient prescrites par la Liturgie anglicane, imprimée sous Édouard VI

cn A1940:

ARTICLE-K

Enterrogations sur la foi

Le prêtre, qui vient de se revêtir de l’étole blanche, interroge par son nom le futur baptisé, pour lequel le parrain répond. — N..., crois-tu en Dieu, Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre? À. J’y crois. — Crois-tu en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur, qui est né et a souffert ? À. J'y crois. — Crois-tu au Saint-Esprit, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair et à la vie éternelle ? 8. J’y crois.

Dans le rite grec, les interrogations sur la foi se trouvent mêlées à l'adhésion au Christ, immédiatement après la renonciation. Par quatre fois se renouvelle le dialogue suivant : LE PRÈTRE, {rois fois : T’es-tu attaché au Christ ? — LE Parrain, à chaque fois : Je m'y suis attaché. LE PRÈTRE dit : Crois-tu en lui? — LE Parrain : Je crois en lui en tant que Roi et Dieu. Et il récite le Credo. Le PrÈTRE : Courbe-toi devant le Christ. Le ParraiN se courbe en disant : Je me courbe devant le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Trinité .consubstantielle et indivisible. Ensuite le prêtre dit : « Béni soit Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

Les interrogations sur la foi semblent avoir leur prototype dans le baptème de l’eunuque de Candace. L’Éthiopien dit à Philippe : Voilà

(1) J.-A. Assemani, Cod. lit, lib. I, præf.; J.-S. Assemani, Bibl. orient., t. III, p. PE CINPD-200:

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