LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES 40T
de l’eau; qu'est-ce qui empêche que je recoive le baptême? L’Apôtre répondit : Cela peut se faire, pourvu que vous croyiez de tout votre cœur. L’eunuque s’écria : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Ils descendirent alors du chariot, et l'Éthiopien fut baptisé. Dans tous les récits de baptême des premiers siècles, nous voyons cette profession de foi plus ou moins développée, qui est exigée par tous les Pères (1) et qui se trouve formulée dans tous les Sacramentaires de l'Orient et de l'Occident.
Quoique les Catéchumènes eussent déjà fait leur profession de foi dans les cérémonies du scrutin, ils n’en devaient pas moins, plus solennellement et devant des témoins plus nombreux, répondre aux interrogations doctrinales immédiatement avant l’ablution baptismale. C’est généralement à ce moment qu’elles avaient lieu. Toutefois, dans un certain nombre d’Églises, elles se formulaient après les renonciations, et dans d’autres, elles alternaient avec les trois ablutions. Saint Ambroise, ou du moins l’auteur des six livres des Sacrements, rapporte ainsi les interrogations sur la foi : « Sur la demande qui vous a été faite : Croyez-vous en Dieu, le Père tout-puissant ? vous avez dit : J'y crois, et vous avez été plongé dans l’eau une première fois. Puis on vous a demandé : Croyez-vous en Notre-Seigneur Jésus-Christ et en sa croix ? vous avez répondu : J’y crois, et vous avez été plongé une seconde fois, pour marquer que vous étiez enseveli avec Jésus-Christ, dans l’espérance que vous ressusciteriez avec lui. On vous a demandé après cela: Croyez-vous au Saint-Esprit ? vous avez répondu : J’y crois; et une troisième fois vous avez été plongé. »
Les interrogations du Rituel romain sont à peu près les mêmes que celles qui sont formulées dans les Sacramentaires de saint Gélase et de saint Grégoire, dans les Actes de saint Étienne et ceux de saint Calixte. On rencontre des questionnaires plus abrégés et d’autres plus développés, contenant presque en entier le Symbole des Apôtres. Saint Augustin crut devoir répondre à ceux qui critiquaient la multiplicité de ces questions, en prétendant qu’il suffit de répondre comme l'Eunuque qu'on croit en Jésus-Christ : « Quand on est pressé de donner le baptême, leur dit-il, on peut se borner à exiger la foi en Jésus-Christ, aveu par lequel on témoigne être disposé à croire tout ce que Jésus-Christ a révélé. Et d’ailleurs, si l’Écriture s’est bornée à
(1) Constit. apost., VIII, xz1; Dionys., Eccles. Hier., c. 1; Conc. de Laodicée, can. xzvr; Cyril. Alex. in 1s.; c. xiv; Cyril. Hier., Cat. myst. I, n. 0.