GES D
mentionner de la part de l'Eunuque sa confession de foi en la divinité de Jésus-Christ, elle ne dit point que Philippe ne l’ait point interrogé sur les autres mystères. On peut même supposer que, lui expliquant la divinité de Jésus-Christ par les prophéties, il lui aura fait connaître en même temps la vie, la mort, la résurrection du Sauveur et l’établissement de son Église. »
Quand une hérésie sévissait dans une contrée, on SEE parfois une déclaration spéciale relative à cette erreur; c’est ce qu’on fait encore aujourd'hui pour les adultes : ainsi Go XIII a fait imprimer à la Propagande une profession de foi à l'usage des Grecs qui veulent entrer dans la communion de l'Église catholique; cette déclaration de croyances insiste spécialement sur la procession du Saint-Esprit, sur le purgatoire, sur la primauté du Saint-Siège apostolique et du Pontife romain.
A Jérusalem, on ne faisait qu’une seule interrogation pour provoquer la profession de foi; mais presque partout ailleurs, elle était triple en l'honneur de lasainte Trinité. Saint Ambroise nous dit qu’on a voulu par là imiter la triple affirmation de Pierre après sa chute, alors que Notre-Seigneur l’interrogeait sur la réalité de son amour. « Il l’atteste par trois fois, dit l’auteur du livre des Sacrements (1), pour être absous trois fois d’un péché dans lequel il n’était tombé que par faiblesse : car, comme le Père pardonne les péchés, le Fils les pardonne aussi et le Saint-Esprit également. »
Au moyen âge, les interrogations sur la foi se faisaient tantôt en latin, tantôt en langue vulgaire. Ce dernier usage a prévalu en France, en Belgique, en Allemagne, etc.; mais, comme nous l’avons déjà dit, il est désapprouvé par la co des Rites.
On a supposé que la profession de foi n'était pas seulement orale, mais écrite et signée. Saint Éphrem dit (2)que les Anges reproduiront au dernier Jugement l'écrit sur lequel nous avons tracé, de notre propre main, notre abjuration et notre profession de foi. Mais ce texte et quelques autres qu’on allègue (3) doivent, ce nous semble, s’entendre dans un sens métaphorique, d'autant plus que saint Jean
CORAN Eur
(2) Serm. de compunct. animi.
(3) Chirographum tuum tenetur non in terra sed in cælo. (Ambros., de init., C. 11.) — Si alio modo inscriptus es quam vera doctrina exposcet, veni et transcribere.. . Dic iis
qui te a sententia deducere student : Quod scripsi, scripsi. (Greg. Naz., 7. XL de bapt.)