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LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

Chrysostome atteste positivement (1) qu’on n’écrivait pas la profession de foi. On y adhérait d'avance en faisant inscrire son nom pour la réception du baptème, et cet usage explique suffisamment les locutions relatives à la signature. Il ne serait pas impossible toutefois que, dans certaines D on ait exigé une déclaration de foi écrite et signée, surtout de la part de ceux qui se convertissaient de l’hérésie.

Les interrogations des enfants sur la foi, supprimées dans la Hollande protestante, ont été conservées par les Luthériens et les Anglicans, bien que blâmées par un certain nombre de leurs théologiens. En Angleterre, le ministre, après la renonciation, récite le Symbole des apôtres tout entier sous forme interrogative : Crois-tu en Dieu le Père tout-puissant, etc., et le parrain répond : Je crois tout cela fermement.

Les sectes baptistes exigent une profession de foi pour le baptème et la croient même indispensable. Mais de quelle nature doit-elle être ? c'est là ce qui les a toujours divisées et a produit de vives controversessurjouten 1633: et en 1772. Les -uns se contentent d’une adhésion générale au Christianisme ; les autres exigent une profession de foi détaillée, en harmonie avec les croyances spéciales de leur secte (2).

Chez les Rhinsbourgeois de Hollande, le Catéchumène faisait sa profession de foi, le samedi matin, devant une assemblée convoquée exprès pour cette cérémonie ; le baptême n’avait lieu qu’un peu plus tard, dans un étang voisin de Rhinsbourg.

ARTICLE XI

La triple ablution et La levée des fonts

Après les interrogations sur la foi, le prêtre, prononçant le nom du futur baptisé, dit: N..., veux-tu être baptisé? Le parrain répond : Je le veux. Alors le prêtre prenant avec un petit vase de l’eau baptis-

(1) Christus non testes a nobis, non chirographa exigit, sed sola contentus est voce. (Hom. XX ad pop. Antioch.) (2) Klupfel, Znstit. theol., proleg., p. 222.

male, en répand trois fois, en forme de croix, sur la tête de l'enfant, en prononçant en même temps ces paroles, une fois seulement, distinctement et attentivement : N..., je te baptise au nom du Père (il verse une première fois de l’eau), au nom du Fils (il en verse une seconde fois), et du Saint-Esprit (il en verse une troisième fois). Là où règne la coutume de baptiser par immersion, ajoute le Rituel romain, le prêtre reçoit l'enfant et, prenant bien garde de le blesser, il l’immerge avec précaution et le baptise par une triple immersion, en prononçant également une seule fois les paroles sacramentelles. Ensuite le parrain ou la marraine, ou l’un et l’autre, lèvent ensemble l'enfant des fonts sacrés, en le recevant des mains du prêtre.

Dans le rite grec, le prêtre tenant l'enfant droit et tourné vers l'Orient, dit : Le serviteur de Dieu, N..., est baptisé au nom du Père (il le plonge une première fois dans l’eau), et du Fils (il le plonge une seconde fois), et du Saint-Esprit (il le plonge une troisième fois). Aussitôt après l'immersion, le prêtre chante avec les fidèles le psaume XXXI, Beati quorum remissæ sunt imquitates, etc.

Nous n’avons pas à revenir sur la matière et la forme du baptême, ni sur les rites de l'immersion et de l’infusion. Nous ne nous occuperons ici que de la triplicité de l’ablution et de quelques particularités que nous avons réservées pour cet article.

D'après saint Chrysostome (1) et Théodoret, Jésus-Christ aurait prescrit lui-même la triplicité de lablution ; ce ne serait qu’une institution apostolique, d’après Tertullien, saint Basile et saint Jérôme (2). On comprend que, selon l’un ou l’autre de ces points de vue, on ait considéré la triplicité comme absolument nécessaire, ou seulement comme un rite éminemment respectable, mais susceptible d’être modifié. Cette dernière opinion a universellement prévalu, et si tous les Pères et les anciens Sacramentaires (3) mentionnent ou prescrivent la triple ablution, c’est parce que c'était là un mode liturgique dont il n'était point licite de s’écarter, et non point parce que le nombre des ablutions appartient à l’essence du sacrement. +

Leur triplicité, d’après les Pères, représente les trois jours de sépulture de Notre-Seigneur (4) ou bien la mort, la sépulture et la

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