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LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

cuves qui, nous l’avons dit, devinrent alors moins profondes et plus larges.

Au moyen âge, on figurait la croix avec le corps de l’enfant, pour mieux montrer qu’on l’unissait aux mérites de Jésus crucifié ; pour la première immersion, la tête de l'enfant était tournée vers l’orient et ses pieds vers l'occident, ce qui formait la ligne verticale de la croix; pour la seconde immersion, la tête était tournée vers le midi et les pieds au nord, ce qui figurait les deux bras de la croix ; à la troisième immersion, on les formait de nouveau, mais en retournant la tête du Catéchumène vers le nord (1).

Dans le même but symbolique, le prêtre copte donne aux membres de l'enfant la forme d’une espèce de croix, en prenant l'enfant d’abord par le bras droit et la jambe gauche, puis par le bras gauche et la jambe droite.

Dans le baptême par infusion, on dut prendre des précautions pour que l’eau versée sur la tête de l’enfant ne retombât point dans la cuve, mais dans la piscine ou dans un bassin portatif d'où elle était jetée dans la piscine. Ces bassins étaient ordinairement en cuivre : « l’escuelette, dit Claude Villette (2), n’est de bois pour ce qu’il s’abreuve et perce, ny de terre qui se casse, ny d’airai qui se verrist, ny de fer qui s’enrouille, mais de franc cuivre rouge qui garde l’eau belle et nette. » à °

On rencontre dans quelques trésors de sacristies et dans diverses collections particulières, des bassins de cuivre dorés, tantôt émaillés, tantôt décorés de sujets religieux en relief. Il nous paraît probable que quelques-uns de ces bassins ont servi pour l’ablution baptismale, surtout quand les sujets, peints ou ciselés, représentent le baptême de Notre-Seigneur ou quelque autre scène relative au sacrement de la régénération. Quant aux burettes baptismales, nous en avons parlé ailleurs (3).

Comme la cérémonie du baptême, aux solennités de Pâques et de la Pentecôte, était fort longue, les fidèles, pendant l’ablution, chantaient le psaume XLI, des hymnes et des cantiques, pour remercier Dieu des grâces qu'il conférait et pour célébrer le bonheur des néophytes (4).

(x) Sicard, Mitral., 1. VI, c. xiv; Pontifical Salisb., ap. D. Martène, Z'hes. vet. mon. t. VII; Bonavent., in iv, dist. III, q. I.

(2) Les Raisons de l'ofice, éd. de 1619, p. 46.

(3) Livre IV, ch.u, art. 2, p. 250.

(4) Greg. Naz., Orat. in S. Baptismum; Cassiod., in Ps. XLI.

C’est là l'origine des prières et des litanies qu’on récite en diverses contrées après les cérémonies du baptème.

D’après un Pontifical du x° siècle de l'Église de Poitiers (1), on chantait, pendant l’immersion, l'hymne suivante composée pour cette circonstance par Fortunat :

Tibi laus perennis auctor Baptismatis sacrator, Qui fonte passionis

Das præmium salutis.

Nox clara plus et alma

Quam luna, sol et astra,

Quæ luminum corona

Reddis diem per umbram.

Tibi laus, etc.

Dulcis, sacrata, blanda,

Electa, pura, pulchra,

Sudans honore mella,

Rigans honore chrisma.

Tibi laus, etc.

In qua Redemptor orbis

De morte vivus exit,

Et quos catena vinxit

Sepultus ille solvit.

Tibi laus, etc.

Quam Christus aperuit

Ad gentium salutem,

Cujus salubri cura

Redit novata plasma.

Tibi laus, etc.

Accedite ergo digni Ad gratiam lavacri ; Quo fonte recreati Refulgeatis agni.

Tibi laus, etc.

Hic gurges est fidelis Purgans liquore mentis ; Dum rore corpus sudat Peccata tergit unda.

Tibi laus, etc.

Gaudete candidati, Electa vasa regni

In morte consepulti Christi fide renati.

Ap. D. Martène, De ant. Eccl. Rit., c.1, art, 18, p. 68.

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