‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 234 sur 445 · LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

Tibi laus perennis auctor Baptismatis sacrator,

Qui fonte passionis

Das præmium salutis.

Aujourd’hui le prêtre, après l’infusion, essuie la tête de l’enfant avec un linge blanc qui ne doit avoir que cette destination. Du temps de l'immersion, c'était le parrain qui essuyait son filleul, la marraine sa filleule, avec des linges blancs nommés sabana, linteamina, lintea, sindones, et que les liturgistes ont trop souvent confondus avec l’aube ou robe blanche dont les Néophytes étaient revêtus après l’onction verticale. Les parrains ou les parents conservaient ces linges avec vénération, comme un précieux souvenir des bienfaits reçus sur les fonts. C’est d’un sabanum et non d’une aube qu'il est question dans le récit que nous a laissé Victor de Vite (1) sur le diacre Muritta. Ce saint vieillard, pendant la persécution des Vandales, fut cité devant le juge Elpidofore qu'il avait tenu jadis sur les fonts et qui, séduit par l’Arianisme, était animé de la plus profonde haine contre les Catholiques. En comparaissant devant cet apostat, Muritta, pour toute justification, montra à son filleul le sabanum avec lequel il l’avait jadis essuyé en sortant des fonts : « Voici, s’écria-t-il devant tous les assistants, les linges qui t’accuseront un jour en présence du Juge éternel; malheureux, ils t’ont enveloppé alors que, purifié, tu sortais des fonts ; ils feront ton supplice dans les enfers, parce que tu as revêtu la malédiction comme un vêtement, en parjurant ton baptême et ta foi. »

Pepin, en envoyant au pape saint Paul I le sabanum dont avait été enveloppée la princesse sa fille, après l'immersion baptismale, ne crut point lui faire un cadeau vulgaire. On attribuait parfois à ces linges une vertu miraculeuse. Césaire, moine cistercien du diocèse de Cologne, raconte que lorsqu'il était encore écolier, il tomba gravement malade et qu’il fut guéri quand sa mère l'eut enveloppé des linges baptismaux encore mouillés qui venaient de servir pour une jeune baptisée de dix ans.

(1) De Persecut. Vandal., 1. VI, n. 0.

Page 1