LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES
ARTICLE EET
Des vêtements baptismaux
Dans le rite latin, le prêtre impose sur la tête de l'enfant un linge blanc, nommé chrémeau, qui remplace l’ancienne robe blanche et dit : « Reçois la robe blanche; puisses-tu la porter immaculée devant le tribunal de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle. À. Amen. » Les adultes reçoivent non seulement le chrémeau, mais une robe blanche dont ils se revêtent par-dessus leurs habits.
Dans le rite grec, c’est immédiatement après l’ablution et avant la confirmation que le prêtre revêt l'enfant d’une mantille blanche, en disant : « Le serviteur de Dieu, N..., est revêtu d’une tunique de justice, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen. » Pendant qu’on chante un froparion, il ajoute : « Fournis-moi une tunique lumineuse, toi qui es entouré de feu comme d’un vêtement, Christ très miséricordieux, notre Dieu. Moïse, ayant gravé une croix sur un bâton droit, divisait l’Érythrée pour Israël qui devait passer à pied ; et l'ayant frappée en se retournant, il réunit Pharaon à ses chars. Il a gravé au travers, sur la longueur, l’arme invincible; c’est pourquoi chantons au Christ Notre Dieu, parce qu'il sera glorifié. »
Le nombre et la nature des vêtements baptismaux ayant varié selon les temps et les pays, nous nous occuperons successivement : 1° de l'aube ou robe blanche; 2° du chrémeau ; 3° des autres vêtements ou ornements baptismaux.
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De l'aube ou robe blanche
La robe blanche que les Néophytes recevaient après l’onction du saint chrême et qu’ils devaient porter pendant toute la semaine, a été désignée sous les noms d’a/ba, casula, chlamides, habitus, indumentum, interola, pallium, stola, toga candida, tunica lætitiæ, vestis nova, vestis alba, veslimentum Christi, vestimentum neophylarum, etc.
C’est en raison de ce vêtement blanc que les Néophytes étaient désignés sous les noms d’albati, candidati, lamprophores.
L'aube baptismale devait être en toile blanche (r). L'emploi de la laine ou de la soie, introduit parfois au moyen âge, a toujours été repoussé par la liturgie (2).
C'était une longue robe, enveloppant tout le corps, munie de manches, qu’on serrait à la taille par une ceinture (3), et accompagnée d’un capuchon dont on se couvrait la tête, Quelquefois, au moyen âge, une bandelette rouge cousue à ce capuchon formait une couronne, symbole du sacerdoce royal que confère le baptême (4).
On a voulu rattacher l’origine des aubes
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PS pere baptismale, Laptismales, soit à l’usage où l’on était de dapres une sculpture du vie siècle. prendre un nouvel habit au sortir du
bain (5), soit aux vêtements de lin que mettaient les prêtres juifs pour
procéder aux sacrifices (6), soit à ces paroles de saint Paul dans son épitre aux Galates (11, 27) : « Car tous, tant que vous êtes, qui avez été baptisés en Jésus-Christ, vous vous êtes revêtus de Jésus-Christ. »
S'il fallait en croire Arator (7) et les révélations de Catherine Emerich (8), la robe blanche aurait été usitée dans les baptêmes dont nous parle l’Écriture sainte. Les érudits protestants (0) tombent, croyons-
) Epist. CXX VIII ad Fab.
) S. Charles Borr., Sacram. Ambros., inst. bapt. ) Cyril., Cat. V myst.
(4) G. Durand, Ration., 1. VI, c. Lxxxn3 D. Martène, De ant. Eccl. Rit., 1. I, c.r act, 19 5) CL. de Vert, Expl. des cér. de l'Égl., t. Il, ch. 11, p. 378.
6) Jurieu, Hist. des dogmes et des cultes de l'Église, part. IL, c. 1v, Prr270 7) Arator (l. 1 ist. apost.) dit en parlant des 5,000 hommes baptisés par S, Pierre :
Agmine jam niveo per millia quinque virorum Ecclesia crescebat apes.
(8) « Les disciples avaient apporté les robes baptismales qu’ils avaient roulées autour d'eux. Pendant le baptême, on en revêtait les aspirants et elles flottaient autour d’eux. Après la cérémonie, on leur mettait encore par-dessus une espèce de petit manteau. Au baptême de Jean, c'était une sorte d’étole de la largeur d’un essuie-main ; à celui de Jésus, cela ressemblait plus à un petit manteau proprement dit auquel était cousue une étole avec des franges. » (4 février 1822.)
(9) Daïllé, De Cult. Lat., 1. I, c. xiv, p. 70; Bohemer, Jus BTOLESTS REV EUIt SCT Eisenschmid, Geschichte der Sonntag und Festage der Christen, p. 237.