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Joig. — Les Romains se revêtaient d’une robe blanche dans les occasions de joie; pour les spectacles, les jeux, les festins d’apparat, et aussi pour célébrer les anniversaires de naissance. Ovide, exilé, gémit de ne pouvoir célébrer sa fête natale: « Attends-tu, écrit-il à un ami, qu’une robe blanche couvre mes épaules et que l’autel enflammé soit décoré de guirlandes de fleurs ? » La naissance spirituelle et la joie des bienfaits que procure le baptème devaient être célébrées avec cette même couleur symbolique.
Le blanc n'était pas exclusivement réservé au baptisé; on le voyait resplendir dans les tentures du baptistère, dans les vêtements liturgiques et, par imitation, dans le cortège des parents et des amis. Au baptème de Théodose le Jeune, tous les courtisans avaient revêtu des habits blancs (r).
La robe était parfois donnée par le parrain, ou bien achetée par le Catéchumène. Saint Basile et Eubule, avant de se rendre à Jérusalem pour y être baptisés, distribuèrent tous leurs biens aux pauvres, en ne se réservant que ce qui était nécessaire pour acheter deux robes blanches. Le plus ordinairement c'était l’église qui les fournissait gratuitement aux Catéchumènes, surtout aux indigents ; le pape saint Grégoire le Grand envoya à une église pauvre de quoi acheter de ces aubes (2). Au moyen âge, les dames riches en confectionnaient pour les pauvres, comme on le voit par la vie de sainte Élisabeth de Hongrie.
Visconti (3) a supposé qu’on bénissait l'aube, par cette unique raison qu'il y avait des bénédictions pour tout ce qui servait au baptême, pour l’eau, l'huile des Catéchumènes, le chrême, le sel, le lait et le miel. C’est là une hypothèse mal fondée, puisqu'il n'existe aucune formule de bénédiction pour les aubes. En voici une preuve tirée d’une lettre du cardinal d’Ossat à Henri IV (4): « Les drapeaux, bandes, couvertures et autres choses que ledit prélat Barberin porte pour M5 le Dauphin, ont été bénits par le pape d’une bénédiction expresse et composée pour cet effet, ne s’en trouvant aucun exemple au formulaire du Pontifical ni en tels autres livres ecclésiastiques. »
M. Viollet-le-Duc a eu une singulière distraction lorsqu'il a dit que « avant le baptême, les Catéchumènes étaient revêtus de l’aube pen-
Baron., ad ann, ccccr.
(2) Greg. Magn., lib. VI, Ep. II.
(S}HOGserr etc NC Eu (MW nettre 200; p. 20: