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LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

manière d'enseigner aux nouveaux baptisés qu’ils devaient être charitables envers les pauvres. Visconti (1) s’imagine que ce don avait pour but de détruire les calomnies représentant les évêques comme vendant les choses saintes. Pour prouver le contraire et montrer qu’ils n'avaient en vue que le salut des âmes, les pontifes auraient non seulement refusé les offrandes des Néophytes, mais ils leur auraient fait cadexu de quelques monnaies.

Ce rite est loin d’avoir été très répandu, puisqu'il n’est guère mentionné que dans les monuments liturgiques que nous avons cités. Nous n'en trouvons aucune trace dans les écrivains des quatre premiers siècles, si ce n’est dans les traités de Zénon;il n’en est plus question dans le onzième Ordre romain, qui date du commencement du xu° siècle, ni dans le douzième Ordre, rédigé sous le pontificat de Célestin IIT, ce qui doit nous faire supposer que cet usage liturgique avait disparu au xu° siècle.

Peut-être y pourrait-on rattacher la distribution que jadis, en Grèce, les parrains faisaient aux assistants, de monnaies d’or ou d’argent à l'effigie grecque, ou de ces petites pièces d’or turques que le peuple baptise du nom de #orins. Aujourd’hui ces monnaies sont remplacées par des médailles commémoratives, appelées maprupiarryd, que les témoins de la cérémonie portent au cou pendant quelques jours. Ces petites pièces d’orfèvrerie, ordinairement en cuivre doré, représentent d’un côté la naissance du Sauveur et de l’autre son baptème (2); quant à l’enfant, il ne reçoit pas de médailles, mais, dans quelques contrées de la Grèce et surtout en Russie, on lui attache au cou une petite croix de métal plus ou moins précieux, souvenir baptismal qui doit le suivre jusque dans la tombe.

. En Espagne, on fait cadeau aux parents et aux amis de médailles d’or ou d’argent,commémoratives du baptème. D'un côté on lit la date de la cérémonie, de l’autre les noms de l'enfant, ceux des parrain et marraine.

Depuis quelque temps, en France, on distribue de grandes images en souvenir du baptême. On y trouve ordinairement une prière, les noms de l'enfant, du père, de la mère, du parrain, de la marraine et du prêtre qui a conféré le sacrement. Nous avons sous les yeux un souvenir de ce genre, lithographié à Amiens, où l’on voit saint Jean baptisant un enfant, ce qui est antihistorique, et, dans le lointain, l’église de Conty, lieu du baptème.

(1) De Antiq. bapt. ritib., 1. IV, c. xix.

(2) Bezolles, Science des relig., p. 137.

TAAITS 28

ARTICLE IV

Du lavement des pieds

Il faut distinguer, dans l'antiquité chrétienne, trois espèces d’ablution des pieds (pedilavium) : 1° L’ablution que pratiquaient les hôtes envers les voyageurs, antique coutume orientale, que conservèrent ou qu'adoptèrent les premiers Chrétiens ; 2° le mandatum ou lavement des pieds, qui fait partie de la liturgie du Jeudi saint, lotion qui a pour but de perpétuer la mémoire d’une action de Notre-Seigneur ; 3° l’ablution des pieds, qui, en certaines contrées, faisait partie des rites du baptême; c'est de celle-ci seulement que nous avons à nous occuper,

La plupart des liturgistes, confondant les textes qui ont rapport à la cérémonie du Jeudi saint, avec ceux relatifs au rite baptismal qui suivait le don de la robe blanche, ont été amenés à supposer que, selon les temps et les lieux, le pedilavium se pratiquait tantôt avant, tantôt après le baptême. Visconti, le propagateur de cette erreur, prétend même (r) que c'était toujours auparavant ; mais il s'appuie sur des textes de saint Ambroise qui dit précisément le contraire (2), et de saint Augustin qui parle (3) non pas du lavement des pieds, mais d’un bain complet que prenaient les Catéchumènes, le Jeudi saint, pour se purifier des cendres qui leur avaient été imposées dans le cours du carême. On comprend qu'après l’abstinence quadragésimale de bains, les Catéchumènes éprouvassent le besoin de se purifier le corps, ne füt-ce que pour ne point salir les fonts où ils devaient entrer le Samedi saint. Mais cette mesure de propreté n'avait aucun caractère liturgique.

Le rite du lavement des pieds a surtout été pratiqué dans Ja liturgie ambroisienne. « Je sais bien, dit saint Ambroise (4), que l'usage de laver les pieds dans la cérémonie du baptème, n’existe pas dans l'Église romaine, dont nous suivons, pour tout le reste, les institutions comme règle de notre discipline. Elle n'est pas dans cet usage, peut-être à cause de la grande quantité des Catéchumènes. D'autres

(1) Obsery, de rit. bapt., 1. III, c, xx, CESAM AL TE ne

(3) Epist. CX VIII ad Januar,, c. xvur, (4) De Sacram., 1. IIL, c. 1.

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