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LIVRE XIV, = RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

saint Grégoire de Nazianze (1), sont le symbole des lampes que nous porterons à la main, lorsque nous irons au-devant de l'Époux. » Pour saint Cyriile (2), c'est l'emblème de l’ardente foi qui doit éclairer l'esprit des Néophytes.

Au moyen âge, le symbolisme se complique; saint Anselme décompose ainsi le cierge : la cire représente la virginité du Christ; la mèche, son âme; la flamme, sa divinité. « On met un cierge dans la main du baptisé, dit S. Yves de Chartres, pour lui apprendre À garder ce précepte de Jésus-Christ : « Qu'ainsi votre lumière brille devant les « hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils en attribuent « la gloire à votre Père céleste. » D’après saint Charles Borromée, le ciérge baptismal exprime les trois vertus théologales que le baptème infuse dans notre âme : la foi est signifiée par la lumière; la charité par la chaleur de la flamme: l’espérance, par la forme même du cierge qui est droit et s'élève vers le ciel.

Il ne faut pas perdre de vue que jadis le baptême était conféré aux Catéchuimènes les veilles de Pâques et de la Pentecôte, les deux grandes fètes de la lumière incréée. À Pâques, on fêtait le passage de la mort à la vie, de la nuit au jour, des ténèbres à la lumière; à la Pentecôte, on célébrait la descente lumineuse de l'Esprit-Saint sur les Apôtres. De nombreux cierges allumés symbolisaient alors ces radieux souvenirs. N’était-il pas naturel de remettre un flambeau entre les mains du Catéchumène qui, lui aussi, passait de la mort de l’âme à la vie spirituelle, des ténèbres de la nature à la lumière de la grâce ?

Les cierges de l'antiquité étaient ronds comme ceux d'aujourd'hui, puisqu'on leur donnait le nom de colonnes de cire (3), Ils étaient très grands et très gros, puisqu'ils devaient brûler non seulement pendant la messe qui suivait le baptême, mais pendant les processions et les offices de l’octave, où ils jetaient un vif éclat (4). Étaient-ils décorés, comme le cierge pascal, de quelques incrustations, du monogramme du Christ ou de quelque autre emblème religieux ? Aucun texte ne nous renseigne à cet égard, mais cela est d'autant plus probable que les premiers fidèles inscrivaient le monogramme ou la croix même sur des

) Orat. XL.

) Serm. de sacr. neoph.

) Alcuin, de div. Offic., de Sabb. in albis, ) Undique rapta manu lux éerea provocat astra, Credas ut stellas ire trahendo comas.

Fortux., l. IV carm.

objets usuels, sur des ustensiles profanes, sur leurs verres à boire et sur le pain qu'ils devaient manger. Nous devons supposer que les cierges étaient tous de la même taille et du même poids pour les riches comme pour les pauvres, par là même qu’on ne trouve aucune mention d’un plus gros cierge dans les descriptions qui nous restent des baptèmes de princes et que, dans tout ce qui concerne les cérémonies baptismales, nous voyons toujours régner une égalité parfaite pour toutes les classes de la société. Il n’en fut plus de même aux approches des temps modernes. Aussi les statuts synodaux de Soissons (1403) déciarent-ils que les parrains ne doivent pas offrir de cierge valant plus de six deniers, dans la crainte que l’appréhension d’une trop forte dépense ne détourne les fidèles de remplir cette sainte fonction (r).

Les cierges étaient probablement fabriqués par les acolytes qui avaient la surveillance spéciale du luminaire et que, pour cette raison, on appelait lampadarii où ceroferarit: (2). On ne devait pas livrer à l’industrie privée la confection de ces torches de cire alors que les paiens eux-mêmes les faisaient fabriquer par le collège des cérulaires (3).

Ces cierges étaient-ils bénits ? Visconti l’affirme (4), mais on en saurait à cet égard que faire des conjectures tirées de l’analogie des cierges baptismaux avec le cierge pascal qui, au vi siècle, était bénit dans telles églises et non pas dans d’autres (5).

Nous ne trouvons aucune formule pour la remise du cierge ni dans les Pères, ni dans le Sacramentaire de Gélase, ni dans les Missels gothique et gallican. La formule actuelle de la liturgie romaine se retrouve à peu près la même dans les manuscrits du moyen âge (6); mais un bon nombre de Rituels de cette époque ne disent absolument rien de cette cérémonie (7). C’est que probablement dans certaines églises il n’y avait point de remise du cierge; l'adulte l’apportait avec lui et, dans le baptême des enfants, le parrain le tenait entre les mains pendant toute la cérémonie, comme cela se fait encore chez les Grecs.

(1) Cap. vur, ap. Martène, Ver. mon., t. VII, p. 1538.

(MIS M hisp:, Org, MIl CT.

(3) Zimmerman, Florileg. philolog. hist., p.245.

(4) Obsery. de ant. rit. bapt., 1. V, c. xxur.

(5) Concil. IV Tolet., c. vrrr.

(6) On lit la formule suivante dans le Pontifical de S. Otton : « Accipe lumen jucun-

ditatis sub typo veri luminis, visurus lumen æternum per omnia sæcula sæculorum. Amen, »

(7) D. Martène, de Rüit., 1. I, c,1,art, 15.

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