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LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES A

La veille de la Quasimodo, les Néophytes déposaient au baptistère, en même temps que leur aube, le cierge baptismal. Le peu de cire qui en restait servait à l'usage de l’église. Quelques synodes du moyen âge défendent aux parents de garder le cierge; dans quelques diocèses, on le conserve comme souvenir, et la sage-femme le rapporte à la maison maternelle. Dans quelques autres, on supprime les rites du chrémeau et du cierge, en offrant à l’église une somme équivalente en argent.

La Congrégation des Rites a décidé que lorsqu'on baptise dans une cathédrale les enfants d’autres paroisses de la ville, le cierge baptismal doit appartenir à la cathédrale et non point au curé de la paroisse où est né l'enfant (1).

L'usage de remettre un cierge au Néophyte a disparu de tous les rites orientaux, si ce n’est chez les Maronites. En Mingrélie, le parrain fournit bien une bougie qu’on attache à la porte de la maison maternelle; mais elle ne brûle que pendant les prières préparatoires au baptème (2).

Luther considère le rite du cierge comme indifférent; Calvin, comme superstitieux. Aussi a-t-il été promptement supprimé par la Réforme, ce qui a donné lieu à quelques controverses (3).

ARTICLE VI

De la station à l’autel

Saint Denys l'Aréopagite (4) nous dit que les Néophytes étaient conduits sur un lieu élevé pour leur faire comprendre qu'ils devaient se nourrir de la méditation des choses célestes et mépriser toutes celles d'ici-bas. Saint Grégoire de Nazianze dit aux Catéchumènes (5) :

(1) 16 jun. 1757, n° 5904.

(2) Chardin, Voy. en Perse, t. I, p. 145. (3) Faes, de Cereis baptism.; W. Lindanus, Panopl. evangel., 1. IV, c. xu; J. Coccius, Thes. cathol., t. II, p. 547; Stapleton, Prompt. cathol., part. II, p. 151. (4) De Hier. eccl., cap. de baptismo.

(5) Orat. XL.

« Cette station que vous ferez au grand autel, aussitôt après le baptême, vous représente la gloire de la vie à venir; le chant des psaumes par lequel vous serez accueillis sera le prélude des chants célestes. » Saint Augustin mentionne aussi cette station, en parlant de l’horreur qu’inspira un Néophyte qui nourrissait des projets parricides. « Ce furieux, dit-il (1), altéré du sang de sa mère, parait, revêtu de sa robe blanche ; il est placé dans l’enccinte de l’autel, à la vue de tous les fidèles, et ce malheureux qui roulait dans son esprit le noir dessein de faire mourir sa mère, se montre ainsi aux yeux du peuple qui, gémissant de cette profanation, fondait en larmes. » Sévère d'Antioche nous dit également qu’on introduisait les Néophytes dans le sanctuaire et qu’on les plaçait, près de l’autel, dans un lieu élevé où ils se tenaient debout. De ces diverses indications, nous pouvons conclure qu’on dressait près du grand autel une estrade spéciale, d’où se faisait une sorte de présentation officielle des nouveaux baptisés à la société des fidèles dont ils faisaient désormais partie. C’est là qu’on déposait une couronne sur leur tête, dans les églises où ce rite était en usage. Nous ignorons si les femmes étaient admises dans cette enceinte. Actuellement, dans le rite syriaque de Jérusalem, les garçons sont seuls admis près de l'autel où ils sont couronnés, tandis que les filles le sont à la porte du cancel qu’elles n’ont pas le droit de franchir (2).

Nous ne voyons aucune indication de cette cérémonie dans les Sacramentaires de saint Gélase et de saint Grégoire; elle a dû disparaître quand les baptêmes d'adultes sont devenus exceptionnels. Il en reste un souvenir dans cette antienne qu’on chante à la croix, pendant la procession vespérale du Samedi saint : « Gaude Jérusalem et lætare, alleluta, quia ecce filit tui in circuitu altaris Domini. Alleluia, candidalr effecti sunt et ex ore éortnt alleluia! »

L'usage où l’on est en Orient et dans un certain nombre de diocèses d'Occident de porter l'enfant baptisé à un autel de l’église, peut se référer à la communion qui suivait le baptême; ce peut être aussi un souvenir de l'ancienne station des premiers siècles. Nous le croyons d'autant plus que d'anciens Rituels (3) prescrivent ou permettent l'usage traditionnel de déposer l'enfant sur l'autel. Mais la plupart des Rituels modernes veulent qu’on présente seulement l'enfant à l’autel, pour en faire comme une offrande à Dieu. Le plus souvent on choisit

1) Epist. CLXVIII ad Euseb.

2)\Assemani; Col. it, t' ML MP. Or.

) Arras, Liège, Orléans, Reims, etc,

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