LIVRE XIV, = RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES
un autel de la Vierge à laquelle on consacre le nouveau baptisé, et parfois on lui fait porter pendant un an ou même pendant plusieurs années les couleurs liturgiques de la Mère de Dieu : c’est ce qu’on appelle vouer au blanc ou au bleu.
Il arrivait quelquefois, au moyen Âge, que l'enfant déposé sur l’autel était censé appartenir à son église paroissiale et que les parents le rachetaient en faisant une offrande au curé. C'était un souvenir du rachat des premiers-nés ordonné dans l'Exode et dans les Nombres, et que pratiquent encore les Juifs de nos jours. Cet abus a été sévèrement interdit par divers conciles (r).
ARTICLE VII
Eccture d’un évangile
Le jour de Pâques, ou la veille, on lisait aux nouveaux baptisés le commencement de l'Évangile selon saint Jean, pour attirer leur attention sur le mystère de l'Incarnation auquel ils étaient redevables des sacrements qu'ils venaient de recevoir. Nous avons deux sermons de saint Augustin (2) prononcés la veille de Pâques pour expliquer cet évangile aux Néophytes. Par un reste de cette coutume, dans beaucoup de diocèses, particulièrement en France(3), le prêtre met les deux extrémités de son étole, en forme de croix, sur la tête de l'enfant et récite l’évangile 7 principio. C’est comme pour faire comprendre au nouveau baptisé, disent les écrivains mystiques, par quel mystère ineffable le Fils de Dieu, s'étant fait homme, l’a rendu enfant de Dieu dans le sacrement de la régénération, et pour lui enseigner qu'il ne peut conserver la grâce que par Jésus-Christ, le Verbe fait chair qui nous a apporté la vie et la lumière, On conserve à la bibliothèque du grand sémi-
(1) Conciles de Milan (1565), de Narbonne (1609), etc.
(2) Serm. CIX et CXX.
(3) Rituels d'Amiens (1845), Bayeux, Blois (1730), Bordeaux (1707), Bourges (1745), Brescia (1555), Chartres (1789), Clermont (1733), Lodève (1744), Lyon (1692), Malines, Mantoue (1505), Paris (1607), Reims (1677), Séez (1744), Sens (1694), Soissons (169}), Trente (1595), Troyes (1660), Vérone (1756), etc,
naire de Versailles un manuscrit du Père Didace Geoffroy, récollet de la province de Paris, intitulé : Z’Alliance sacrée de Jésus avec l'âme, qu'elle a contraclée au baptême. Le chapitre xiv est consacré tout entier à expliquer le sens de la récitation de l’évangile selon saint Jean. Ces considérations ne manquent pas de valeur morale, mais l’auteur, pas plus que beaucoup d’autres, n’a deviné lorigine de cette coutume.
Dans quelques églises, comme à Saint-Euverte d'Orléans, à l’évangile in principio on substituait celui de saint Matthieu: Offerebat Jesu parvulos (x, 13).
D'après un certain nombre de Rituels, le prêtre en disant : Znitium sancti evangelii, etc., doit former un signe de croix au front, à la bouche et à la poitrine de l'enfant; selon d’autres, un simple signe de croix au-dessus de son corps. Après la récitation de l’évangile, il lui fait baiser l’extrémité droite de l’étole.
Dans le rite oriental, le diacre lit un fragment de l’épiître de saint Paul aux Romains (vr, 3), relative au baptême, et le prêtre termine la cérémonie par les versets de saint Matthieu (xxvirr, 16), qui concernent la mission que le Sauveur donne à ses Apôtres d’enseigner et de baptiser les nations.
Dans le rite anglican, on lit aussi un évangile, celui du Sénite
parvulos ad me venire (Marc, x, 13); mais c’est au commencement de la cérémonie.
ARTICLE VIII
Du souhait de Paix
Jésus-Christ ayant donné la paix à ses Apôtres pour la transmettre comme un héritage à toutes les générations chrétiennes, il était naturel que l’Église, dépositaire de toutes les grâces, communiquât cette paix à ceux qui entrent dans son sein. Aussi la plupart des Rituels contiennent-ils un souhait de paix à celui qui vient d’être régénéré.
Les formules sont assez variées ; celle du Rituel romain est la plus répandue : « N. allez en paix et que le Seigneur soit avec vous. » Dans