PS
adresse ensuite à Dieu une prière pour le bénir d’avoir admis un nouveau membre dans l'Eglise chrétienne.
ARTICLE XI
Orgues et Cloches :
Sicard, évèque de Crémone, qui vivait au xint siècle, signale l'usage où étaient quelques églises de son temps de sonner les cloches pour les baptêmes (1). Mais ce n'est qu’à la fin du xvr° siècle que se généralisa cette coutume, comme aussi, dans les baptèmes solennels, celle de jouer des orgues, en signe de la joie qu'éprouve l'Église d'avoir adopté un nouvel enfant.
J.-B. Thiers s'élève très aigrement ‘contre cet emploi des cloches, parce qu'il confond l’usage avec l’abus. « Ce sont, à mon avis, dit-il(2), les sonneurs, les sacristains, les fossoyeurs, les bedeaux qui ont introduit cette coutume, par considération de l'intérêt bursal qui leur en revient; car ils ont grand soin, les cérémonies du baptème étant achevées, de conduire les parrains et les marraines au pied du clocher, de leur présenter les cordes des cloches, de les leur faire sonner et de les sonner eux-mêmes, afin d’avoir lieu de leur demander de l'argent pour la récompense de leur peine, avec cette précaution néanmoins qu’ils ne les sonneront qu’à proportion du profit qu'ils en espèrent. »
Au xvuf siècle, ce n'étaient pas seulement les parrains, mais parfois tous les assistants, même les femmes et les enfants, qui se mettaient à sonner les cloches, ce qui produisait un tumulte indécent dans l’église. Ces abus ont été interdits par divers Rituels(3). Dans quelques provinces, le parrain sonne encore lui-même la cloche, sans quoi, dit-on, l'enfant serait exposé à devenir sourd (4).
Un concile provincial de Milan (1583) interdit de jouer de l’orgue et de sonner les cloches avant l’effusion de l’eau baptismale. Divers statuts synodaux défendent ces témoignages de joie pour le baptême des enfants naturels ou nés d’un mariage purement civil.
) Mitrale, 1. VI, c. xiv:
) Traité des Superst., t. Il, p. cuix.
) Rituels de Beauvais (1637), de Bourges (1666), etc:
4) Lamarque, Usages popul. de l'ancien Bazadais, p. 13.