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EIVRPRINRRITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES

régénération; l’évangile leur montre le sépulcre vide du Sauveur, figure du baptème, puisque Jésus-Christ a laissé la mort dans son tombeau, comme le Néophyte a laissé ses péchés ensevelis dans les eaux régénératrices.

Les premières paroles de la messe du lendemain s’adressaient encore aux nouveaux baptisés : « Comme de petits enfants nouvellement nés, désirez le lait pur, afin de croître pour le salut. »

Les Néophytes communiaient chacun des jours de cette semaine; il en était de même de ceux qui avaient été baptisés la veille de la Pentecôte.

Aux vêpres de chaque jour, les prêtres et les parrains conduisaient les Néophytes soit au baptistère où ils avaient été régénérés, soit aux fonts de l’église. En allant,on chantait le psaume XLI, écho des anciens désirs du catéchuménat, et, en revenant, l’ix exitu, l'hymne de la délivrance du péché. Rupert blâme avec raison les moines qui introduisaient cette coutume dans les églises monastiques dépourvues de fonts baptismaux.

A Rome, au v° siècle, les Néophytes, revêtus de leur robe blanche, allaient processionnellement au Vatican vénérer la tombe des saints Apôtres : « Voyez, dit Ennodius de Pavie, comment la salle des eaux (le baptistère) envoie sa foule vêtue de blanc à la chaire portative de la confession apostolique. » Au moyen âge, surtout en Allemagne, les nouveaux baptisés, portant des cierges et accompagnés de leursparrains, faisaient des processions dans les rues et même autour de la ville. Nous trouvons des souvenirs de ces antiques usages dans les processions qu’on fait aux fonts, le jour de Pâques et les jours suivants, dans le Milanais et dans beaucoup de diocèses de France.

Ces offices étaient un précieux enseignement liturgique pour les nouveaux chrétiens; mais il ne leur suffisait pas. Aussi, chaque jour, l'évêque ou le prêtre leur adressait-il un discours spécial destiné à compléter leur initiation.

Ces catéchèses,que les Grecs appelaient mystagogiques,roulaient principalement sur les diverses cérémonies du baptême, sur l’eucharistie, sur le sacrifice de la messe, sur les principaux mystères et sur les obligations de la vie chrétienne. Souvent ces instructions se prolongeaient pendant quarante ou quatre-vingts jours.

Le dimanche de la Quasimodo, après la communion de la messe, on distribuait aux Néophytes de petits médaillons de cire empreints de la figure de l’Agneau divin portant la croix-étendard. Ils le suspendaient à leur cou pour se rappeler qu’ils devaient imiter la douceur de Celui qui se laissa égorger pour le salut du monde. Sans avoir à rechercher ici

quelle est l’origine et l'antiquité de ces agnus Dei (1), nous dirons que l’opinion la plus probable place leur institution au 1v° siècle, bien que leur forme actuelle ne paraisse pas antérieure au vi°. Autrefois, le samedi saint, le Pape, aidé de prêtres et d’acolytes, faisait fondre le reste du cierge pascal, bénit l’année précédente, y mêlait des saintes huiles baptismales, bénissait cette matière et en faisait mouler des médaillons portant l'effigie de l’Agneau. On les distribua d’abord, la veille ou le jour du dimanche #7 albis, aux Néophytes, et plus tard à tous les fidèles, qui parfois les conservaient précieusement dans des << \ étoffes précieuses ou dans des custodes Custode d’Agnus Dei (vue siècle.) de métal. Aujourd’hui le Pape procède à cette bénédiction la première année de son pontificat, et ensuite tous les sept ans.

Au moyen âge, ces agnus, en raison de leur empreinte, furent les figures symboliques de ceux qui venaient de conquérir l'innocence dans le baptême. Guillaume Durand nous dit à ce sujet(2): « Lorsque le Pape se prépare à distribuer des agneaux de cire à ses chapelains et aux gens de sa maison, un acolythe apporte solennellement ces agnus et les lui présente en disant trois fois : « Seigneur, Seigneur, Seigneur, voici les agneaux nouveaux qui ont annoncé lAf/eluia ; tout récemment ils se sont présentés aux fonts du baptême. »

Vers le xin° siècle, alors qu’on se mit à baptiser en tout temps, les cérémonies de l’octave baptismale tombèrent en désuétude, et l’on ne chôma plus que le lundi et le mardi de Pâques. Il ne reste plus aujourd’hui que quelques souvenirs liturgiques de la semaine des aubes : ainsi le Pape, depuis la fin de la messe du samedi saint jusqu’au samedi suivant, porte une mozette de damas blanc et une étole de même couleur. Dans plusieurs églises de France, les principaux officiers du chœur, le premier dimanche après Pâques,ne portent d’autres ornements qu’une aube blanche.

L’Eucologe grec prescrit en ces termes l’ablution octavale, so/utio cinguli, de l’enfant baptisé: « On porte l'enfant à l’église huit jours après son baptême, pour le laver et achever les cérémonies baptismales. Là, le prêtre défait la ceinture et la chemise de l’enfant, récite plusieurs

(1) Voir les traités spéciaux de Baldassari, Barbier de Montauit, Copeti, Martignÿ Molanus, On. Panvinio, Th, Raynaud, J.-M. Suarès, etc, j (2) Ration., 1. VI, c; rxxix.

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