‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 262 sur 445 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des repas de baptème

On a voulu rattacher les repas de baptême, soit aux réunions de famille par lesquelles les paiens célébraïent la naissance d’un enfant, soit au repas qui suivait et qui suit encore la cérémonie de la circoncision chez les Juifs. Quoi qu’il en soit, cet usage paraît avoir existé dès le temps de Tertullien; car à ceux qui voulaient qu'on jeunât après le baptême, à l'exemple de Notre-Seigneur, il répond (1) que cette abstinence ne saurait se concilier avec les réjouissances du baptème. Cette coutume devait être très répandue en Orient dès le iv° siècle, puisque certains Catéchumènes peu éclairés trouvaient là un prétexte de différer leur régénération, parce qu’il en eût coûté trop d'argent pour offrir un festin. Saint Grégoire de Nazianze se trouva obligé de leur dire que l’offrande seule indispensable est celle du cœur, que les ministres de l'autel tiennent plus à linnocence des fidèles qu'aux pompes d’un festin, et que les libéralités du Ciel sont destinées aux pauvres aussi bien qu’aux riches (2).

Ces repas, toujours accompagnés de prières, avaient parfois lieu dans une annexe du baptistère (3).

M. le chanoine Wilmovsky a publié le dessin d’un vase en verre du n° siècle, décoré de poissons et de coquillages en relief, qu’on a trouvé dans un cimetière chrétien de Trèves. M. J.-B. de Rossi, qui a décrit d'autres vases du même genre conservés à Rome et ailleurs, dans diverses collections, les considère comme des étrennes baptismales. Nous croyons d'autant plus qu’on se servait de ces vases dans les festins de baptême, que sur un certain nombre de ces coupes en verre ou en poterie on lit cette inscription IHE ZHÈHD, BIBE vivaS.

(1) De bapt., c. xx.

(2) NOra XL.

(3) Jean Diacre, Chron. episc. Neapol., Vit. Vincentii.

Page 1