CHAPITRE I
Des Registres de baptême
Les listes ou registres de baptème ont été désignés sous les noms de diptyque, mair ne Codex, chirographe ou catalogue des baptisés ; livre de vie, des vivants, de l'Église, de la foi, de la régénération ; baptistère ou baptistaire, registre de catholicité, etc. Dans beaucoup d'églises d'Italie, on appelle vacchetta un petit cahier servant de brouillon, conservé dans la chapelle des fonts et d’où l’on transcrit les actes sur le grand registre de la sacristie.
Nous n’irons pas rechercher l’origine des registres de baptême dans les natalitia acta ou registres de Junon des Romains, dont Denys d'Halicarnasse attribue l'invention à Servius Tullius, ni dans les catalogues publics des nouveau-nés, qui, chez les Juifs, servaient au dénombrement des tribus. Il n’y a pas eu de véritables registres de baptême chez les premiers Chrétiens : c’eût été exposer les fidèles aux fureurs de la persécution. Quand Martien, interrogeant saint Acace, lui dit de livrer les noms de ses coreligionnaires, celui-ci répond qu’ils sont inscrits dans le livre céleste, dont les faibles regards des mortels ne peuvent lire les pages divines. Il y a eu seulement, dans les premiers siècles du Christianisme, des listes de Catéchumènes et de baptisés, inscrites sur des feuilles volantes ou des diptyques, faciles à cacher ou à détruire.
On inscrivait les noms des candidats au baptême pour qu’ils fussent connus des fidèles, intéressés à observer leur conduite, et pour qu’on püt, dans les cérémonies des scrutins et du baptême, faire l'appel des Catéchumènes, par ordre d'admission. Il faudrait faire remonter cet usage aux temps apostoliques, si l’on admet que l'auteur de la Hrérapchie de l'Église a vécu au premier siècle. Saint Denys l’Aréopagite nous dit, en effet (1), que lorsque l’évêque a imposé la main sur la tête
(Hier eccl,e, 1p1n.10: