LIVRE XVI, = DES RELEVAILLES
catéchumène. D’après les croyances populaires, si la mère faisait une visite avant la cérémonie purificatoire, la vaisselle se briserait là où elle entrerait, et le vin se changerait en vinaigre.
« En Hollande, dit M. Ch. de Caster (r), lorsque la mère fait ses relevailles, on offre des muïsjes, c'est-à-dire de l’anis sucré. On l'appelle Jongens où meisjes muisjes, selon que l'enfant est un garçon ou une fille. On boit aussi à cette occasion du boeren-jongens ou du kandeel. Le boeren-jongens est une infusion d’eau-de-vie de Hollande et de raisins secs. Cette boisson n’est jugée bonne que lorsqu'elle est très épaisse. Le kandeel est un mélange de vin du Rhin et de jaunes d’œufs. »
En Russie, le jour même de la naissance de l'enfant, le pope, dans une série de prières, appelle les bénédictions du Ciel sur la chrétienne devenue mère ; il demande pour elle la santé du corps et de l’âme, la purification de toute impureté; il supplie Dieu de protéger le nouveau-né et de le conserver jusqu’à ce qu'il puisse être présenté au temple pour le baptême. Ce n’est là qu’un prélude de purification : la cérémonie des relevailles n’a lieu que quarante jours après la naissance de l'enfant (2).
En Abyssinie, en Égypte, en Syrie et chez les Nestoriens des Indes, c’est à cette date qu’a lieu la bénédiction de la mère qui est accouchée d’un garçon ; mais si c'est d’une fille, la cérémonie n’a lieu que quatrevingts jours après la naissance. Chez les Éthiopiens, les prières, assez longues, sont récitées alternativement par le diacre et par le prêtre. Celui-ci impose les mains sur la mèêre et sur l'enfant, les encense, oint le front de chacun d’eux et leur impose de nouveau les mains, en récitant diverses oraisons.
Dans l’Église anglicane, la cérémonie des relevailles, qu’on appelle actions de grâces, consiste principalement dans la récitation du psaume CXVI ou CXVII, de l’Oraison dominicale et de quelques prières spéciales. La relevée s’agenouille à l'entrée du chœur et participe ordinairement à la cène (3). Les Presbytériens ont supprimé cette cérémonie qu'ils traitent de judaïque. La Ziturgie des Eglises réformées (Paris, 1859) contient la prière suivante pour les relevailles : « Dieu tout bon, reçois les actions de grâces qu’une de nos sœurs Te présente avec nous pour son heureuse délivrance. Daigne la
(1) La Néerlande, dans le Tour du Monde, t. XXXVI, p. 286. (2) Boissard, l’Église de Russie, t. I, p. 317. : (3) Lestrange, Alliance of divine office, p. 326; Liturgie de l'Égl. anglicane, p. 290,
fortifier dans son corps et dans son âme qui T’appartiennent. Fais-lui sentir que, si la femme enfante avec douleur à cause du péché, les enfants sont néanmoins pour elle un héritage et une bénédiction de l'Éternel. Conserve-la irrépréhensible pour le jour de Ton avènement et que son âme n'oublie aucun de Tes bienfaits. »