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DU RENOUVELLEMENT DES VŒUX DE BAPTÊME

Les Néophytes, encore revêtus de leur robe blanche, se rendaient processionnellement aux fonts le samedi d’après Pâques; là, ils adressaient à Dieu de solennelles actions de grâces et renouvelaient les promesses qu’ils avaient formulées dans leur baptème. Ceux qui avaient été régénérés les années précédentes unissaient leurs actions de grâces à celles des nouveaux chrétiens. Telle est l’origine de la rénovation des vœux de baptême, laquelle fut longtemps désignée sous le nom de Päque annotine, c’est-à-dire annuelle. En célébrant cette fête le jour des Saintes Lumières, saint Grégoire de Nazianze excitait ainsi les chrétiens à se renouveler dans l'esprit de leur baptême : « Puisque nous célébrons le jour de notre régénération, commençons à renaître de nouveau; puisque nous célébrons le jour de la réparation et de la réformation de notre nature, rétablissons-nous dans l’innocence en laquelle Adam fut premièrement formé. Ne demeurons pas dans l’état où nous sommes; mais efforcons-nous de revenir à celui où Dieu nous avait mis en nous créant. Éloignons-nous des ténèbres approchons-nous de la Lumière; et, puisque nous procédons de la parfaite Lumière, travaillons à nous rendre nous-mêmes une lumière parfaite, afin qu’il n’y ait rien en nous de dissemblable au principe dont nous sortons. »

L’Antiphonaire de saint Grégoire le Grand nous dit que, le jour de la Pâque annotine, on récitait en entier l'office du jour de Pâques; les

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baptisés des années précédentes se rendaient à l’offrande, accompagnés de leurs parrains, surtout quand c’étaient des enfants. Le célébrant récitait sur eux le Symbole. La fête religieuse était suivie d’un repas que donnaient les parents à leur famille et à leurs amis. Au 1x° siècle, Hérard de Tours parle de cette solennité (1) comme étant obligatoire pour tous les fidèles. Deux siècles plus tard, l’auteur du Micrologue se plaint qu’elle soit célébrée par si peu de fidèles. « Si les hommes, dit-il (2), ont quelque raison de fêter tous les ans le jour où ils sont nés à une vie temporelle et passagère, finissant pour tous par la mort, combien ont-ils plus sujet de célébrer l'anniversaire de cette régénération et de cette nouvelle naissance de leur âme qui doit leur donner une éternelle vie. » Au xrr° siècle, Honorius d’Autun en parle comme d’un usage disparu. On en trouve bien encore quelques traces au xi siècle (3), mais on comprend que lorsque le baptême s’administra à toutes les époques de l’année et presque aussitôt après la naissance, la fête générale anniversaire du baptême n'avait plus sa raison d’être; elle dut être remplacée par des pratiques individuelles et privées de dévotion, se confondant souvent avec la fête de la naissance.

Honorius d’Autun semble croire que la Pâque annotine ne se célébrait qu’au premier anniversaire du baptême (4). Il en était sans doute ainsi dans diverses provinces ; mais, dans beaucoup d’autres, cette fête se renouvelait tous les ans jusqu’à la fin de la vie (5).

L'époque de sa célébration a singulièrement varié selon les temps ét les pays. Elle avait lieu tantôt le samedi ##7 Albis, tantôt au jour fixe correspondant non pas à l'anniversaire réel du baptème, mais à celui de Pâques de l’année précédente. Quand cette solennité tombait à une date rapprochée de l’équinoxe, les Néophytes auraient été exposés presque toujours à célébrer leur annotine pendant le carême, ce qui les aurait gênés pour le repas de famille qui suivait la cérémonie religieuse. L’annotif paschel doit estre tousjours fait en l’année révolute, se 1l ne avient en karesme, dit un bréviaire manuscrit de Paris (6). En ce cas, l’annotine était remise au dimanche de la Quasimodo ou au dimanche du Bon-Pasteur. Elle est fixée au lendemain de l’octave de

(1) Capitul, 03.

(2) De divin. offic,, €, zvr.

(3) « Igitur sabbato qui est septuagesimæ finis quodque sabbatum in albis et annotinum pascha vocatur. » Wit. S. Petri martyr., 29 april.

(4) Gemma animæ, 1. TL, c. cxxxvir.

(5) Durand, Ration., 1. VII, n. 38; Beleth, De offic. divin., c. Lxxxiv,

(6) Du Cange, vo Pascha annotina.

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