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LIVRE XVII. — DU RENOUVELLEMENT DES VŒUX DE BAPTÈME

l'octave constitue une fête particulière de la perfection du Christianisme reçue dans le sacrement de confirmation, tandis que la fête de l’octave célèbre l’incorporation du baptisé à Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie. Les messes, les offices de prime et de complies sont en complète harmonie avec les offices de la nuit. Cinquante-quatre hymnes en vers sont consacrées à célébrer les grandeurs et les bienfaits du baptême. En somme, l’auteur a fait preuve d’une grande habileté, d’une connaissance approfondie de l’Écriture sainte, et il aurait pu en remontrer à plus d’un fabricant de bréviaire.

La fête spéciale du baptême ne se célèbre plus aujourd’hui à une date fixe que dans quelques diocèses, comme à Genève et à Chambéry, ou dans quelques associations religieuses (1). Mais l’Église a conservé le principe même de cette antique solennité dans la rénovation des vœux de baptême, qui se fait aux vêpres de la Trinité, le jour de la confirmation où l’on contracte une nouvelle alliance avec Jésus-Christ, et le jour de la première communion où l’on resserre encore des liens indissolubles avec le Dieu miséricordieux qui se donne tout entier et sans réserve.

C'est l'habitude, à l’église Saint-Sulpice de Paris, de faire chaque année, le dimanche de Quasimodo, la cérémonie publique de la rénovation des promesses baptismales. Le curé de la paroisse, après une exhortation de circonstance, s'adresse du haut de la chaire à tous les assistants : Mes frères, leur dit-il, renoncez-vous à Satan, à ses pompes et à ses œuvres. — J’y renonce, répond tout d’une voix la foule des fidèles. — A qui vous attachez-vous, mes frères ? — A Jésus-Christ, répond chacun des faroissiens. Cette cérémonie, terminée par le chant unanime du Credo, est toujours profondément émouvante.

La cérémonie de la rénovation des vœux de baptême a souvent produit des fruits de grâce et de salut parmi ceux qui en sont les témoins. En voici un exemple que nous trouvons dans les Trésors de la grâce. Une jeune personne, nommée Gaultier, perdit son père à l’âge de dix-sept ans. Se trouvant sans fortune, et les personnes qui auraient dù fournir à sa subsistance ayant refusé de le faire, elle entra au théâtre, non sans quelque répugnance, mais elle s’y accoutuma d'autant plus facilement qu’elle y acquit en peu de temps la plus grande célébrité. En vain alors une parente vertueuse s’efforça-t-elle de la rappeler à un

(1) Rénovation des vœux de baptème pour la Congrég. des ouvrières de Rennes, Paris,

genre de vie plus analogue à l’éducation qu’elle avait reçue ; elle se rit de ses remontrances. Fêtée des grands, pensionnée des princes, ivre de l’encens de la multitude, elle nage dans les plaisirs et l’opulence; elle plaît au monde, le monde lui Plate cela lui suffit. « Avant de songer au paradis futur dont tu me parles, disait-elle à sa cousine, je veux jouir du paradis actuel où je me trouve bien, et, si jamais je me convertis, ce ne sera pas du moins avant Sn ans. » Cependant elle n’en avait pas encore trente. Un jour qu'elle assistait à la cérémonie de la rénovation des vœux de baptême de jeunes filles qui avaient fait, le matin même, leur première communion, elle se sentit profondément émue. Elle remonta par la pensée vers son passé, se rappela ses propres engagements, rougit de voir combien elle y avait été peu fidèle. Alors, sans délibérer un. seul instant, sans remettre au lendemain, son parti fut pris. Elle renonça au théâtre, rompit toutes ses liaisons et laissa Paris dans l’étonnement de sa retraite. La Providence la conduisit chez les Carmélites de Lyon où elle professa toutes les vertus d'une fervente religieuse.

L’anniversaire du baptème est pieusement célébré dans une grande partie de l'Orient. « En Russie, dit M. Nicolas de Gerebtzoff (1), le jour de naissance n’est pas fêté, et même le plus souvent ce jour est ignoré : car le Russe considère comme le commencement de son existence le jour où il fut reçu dans le giron de l'Église ; et comme ordinairement l’on donne pour patron à l'enfant le ee ou la sainte que fête l’Église au jour du baptème, c'est ce jour que l’usage oblige de fêter et non celui de la naissance; on considère ce dernier comme le début de la vie matérielle et comme indigne d’être fêté, s’il n'est pas suivi du sacrement a is du baptème. »

Érasme avait demandé qu’on interrogeât les enfants arrivés à l’âge de raison sur leur intention de tenir les promesses faites en leurs noms par les parrains, de manière à ce qu’ils aient toute liberté de les répudier ou de les ratifier. Ce système anticatholique, approuvé par Luther et par la confession d’Augsbourg, paraît avoir été prescrit pour la première fois en Poméranie, l'an 1534, De là cet usage se répandit en Autriche, dans la Hesse, dans le duché de Nassau et plus tard dans la Haute-Saxe, la Thuringe, la Franconie, le Palatinat, la Suède et le Danemark (2). Aujourd’hui, cette cérémonie, nommée Confir-

(1) Histoire de la Civilisation en Russie, t. 1, p. 373. (2) Arnkiél, Christliche Confirmation derer Catechumens ; Præmer, de Confessione Catechumen. in ecclesiis August. confessionis.

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