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LIVRE XVIII. — ICONOGRAPHIE DU BAPTÈME

emportant son grabat sur son dos, vêtu d’uncaleçon et d’une tunique, plus petit que Notre-Seigneur, comme signe dé son infériorité. Son lit a parfois la forme d’une croix, parce que le baptisé doit porter la croix de Jésus-Christ. Il est souvent difficile de déterminer quand une peinture fait allusion à la pénitence, en représentant le paralytique de Capharnaüm à qui Jésus-Christ dit : « Aie confiance, tes péchés te sont remis, » ou quand elle exprime le baptême, en montrant le paralytique guéri par les eaux de la piscine de Bethsaïda. C’est de ce dernier que parlent de préférence les saints Pères, en faisant allusion au baptème. Au reste, le doute n’est plus permis, quand on voit apparaître les portiques de la piscine, ou quand la scène fait pendant à quelque autre composition baptismale.

PÈCHE MIRACULEUSE. — C’est là un symbole très compréhensible du baptème. On le voit représenté sur un vase en bronze du musée Kircher, lequel a servi pour l’infusion baptismale.

RE PècHeur. — Le pêcheur assis sur

un rocher, occupé à saisir au fond

des ondes sa proie mystique, est le

type de l’apostolat chrétien, représenté

allésoriquement dans une de ses plus

D NS importantes fonctions, l’administra- Le pécheur. tion du baptême.

(Fresque de la chapelle des sacrements.) La sarcophage di Vatican, provenant des catacombes, représente, près de Jonas avalé et rejeté par le monstre marin, un personnage qui tâche de pêcher à la ligne de petits poissons; à côté de lui, un héron en saisit un au passage. De la mer semblent sortir une espèce de cancre, un lézard d’eau ou salamandre, un escargot; n'est-ce pas là une traduction évidente de ces paroles de l'invocation à Jésus-Christ par saint Clément, hymne qu’on chantait dans les catacombes : « Pêcheur des hommes, amorcçant à l’éternelle vie l’innocent poisson, arraché à l’onde ennemie de la mer du vice. » L'’onde ennemie, c'est bien cette mer où le monstre avale Jonas, où le héron dévore le poisson. Le poisson pris à la ligne de Jésus-Christ, c’est le chrétien levé des fonts du baptême. Ce même sujet est figuré dans des fresques des cimetières de Domitille et de Saint-Calliste, sur un sarcophage de la Gayole, etc.

pv) HISTOIRE DU SACREMENT DE BAPTÊME

PHénix. — Cet oiseau imaginaire, symbole de la résurrection, est aussi celui de la renaissance spirituelle procurée par le baptême, qui est lui-même une figure de la résurrection.

Poisson. — L'ichthus si fréquemment représenté sur les marbres funéraires, dans les peintures et les mosaïques a peut-être pour type le poisson dont les entrailles servirent à Tobie pour délivrer Sara du démon Asmodée et pour rendre la vue à son père. Rien d'étonnant qu'on ait vu là une figure de Jésus-Christ qui, par le baptême, nous délivre de la tyrannie du démon et nous guérit de l’aveuglement produit par le péché originel. Plus tard on remarqua que les lettres initiales de ces cinq mots Incoës Xpiorés Oeoù Yo Eur (Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur) formaient le mot IXOYX, poisson, et cet acrostiche fournit aux saints Pères un thème d’allusions symboliques : « Quand le Christ- Poisson descend dans l’eau de la source, dit saint Optat de Milève, celle-ci devient une source poissonneuse salutaire. » — « Le poisson né dans l’eau, dit saint Orens, c’est le Sauveur lui-même, auteur du baptême d'eau. » Une inscription sépulcrale du musée Kircher, au Collège romain, donne au Rédempteur, le nom de Poisson des vivants, IXOYE EONTON, parce que c’est le Poisson qui, dans l'eau baptismale, nous communique la vie éternelle et que c’est là, comme le dit Sévérien de Gabala, que « le Poisson consacre les poissons. »

Le poisson, représentation hiéroglyphique du Sauveur, est aussi l’image symbolique des Chrétiens que Tertullien appelle pisciculi, que saint Jérôme nomme les fils de l’ichfhus, parce qu'ils sont engendrés dans l’eau de la régénération. D'un autre côté, Jésus-Christ et ses apôtres étant souvent désignés sous le nom de pêcheurs, il était naturel que l’on appelât poissons les hommes gagnés à la foi par l’appât de la parole sainte et amenés sur le rivage de l'éternité par le filet de la grâce. Cette assimilation d’un même symbole au Maître et aux disciples, aux fidèles et à leur Dieu, ne pouvaitétonner les premiers Chrétiens, bien pénétrés de cette pensée qu’ils étaient incorporés à Jésus-Christ par la foi et les sacrements.

Un des sarcophages du Vatican nous montre un pêcheur debout sur la rive, tenant une ligne qui amorce une foule de petits poissons : c’est le Sauveur attirant à lui les Chrétiens engendrés dans les eaux du baptême. Dans une épitaphe publiée par Cardinali, le nom du néophyte Marcianus est surmonté d’un poisson, Un marbre des temps de

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