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LIVRE XVIII, — ICONOGRAPHIE DU BAPTÊME

persécution publié par M. de Rossi (1), représente des poissons portant dans la bouche un pain, symbole évident du néophyte qui se nourrit de l'aliment divin.

« À Aquilée, dans les dépendances du baptistère, dit M. le comte de Saint-Laurent (2), on voyait une peinture du xmi° siècle où, du pied de la croix sur laquelle reposait Notre-Seigneur, s'élançait un cep de vigne qui embrassait dans ses contours le corps tout entier du divin Crucifié et qui se terminait par une ligne de pêcheur, laquelle dirigée par la figure allégorique de l’Église, prenait un poisson, image, à nos yeux, du fidèle arraché par le baptême à la mer du péché. »

Le poisson n'apparaît pas seulement dans les peintures des catacombes, dans les monuments funéraires, les lampes en terre cuite, les coupes et les pierres gravées; on en fit des objets portatifs en or, en argent, en bronze, en cristal, en verre, signes de reconnaissance que les fidèles portaient au cou à l’aide d’un crochet de métal. Cette même forme fut également donnée à des encolpia, espèces de cassettes où l’on renfermait des reliques ou des phylactères évangéliques, c'est-à-dire de petits rouleaux de parchemin contenant des passages de l'Évangile, écrits en menus caractères.

Au moyen-âge, on rencontre assez fréquemment des poissons sculptés à l’intérieur des cuves baptismales ; mais nous ne voudrions pas afirmer qu'ils aient toujours eu une signification symbolique, surtout dans les derniers siècles où, confondus avec des coquillages, des grenouilles et des sirènes, ils ne semblent être là qu'en raison de l’eau que la cuve est destinée à contenir.

Poisson en cristal de roche,

SIRÈNE. — Elle est considérée par les Pères comme l’emblème du démon et surtout de la volupté. Cette signification aurait sufh pour lui donner place dans les sculptures des fonts baptismaux où lon renonce à Satan et à ses œuvres. Un autre motif a dû confirmer ce choix : au moyen âge, on regardait la sirène, en raison de ses deux queues, comme le double type de la vie spirituelle et de la vie naturelle et aussi, en raison de son séjour dans les eaux, comme l’emblème de la régénération spirituelle.

) Bullettino, 1865, p. 76.

(1 (2) Guide de l'Art chrét., t. II, p. 352,

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