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LIVRE XVIII, — ICONOGRAPHIE DU BAPTÈME

complétait l'immersion, tombait de la voûte, et nous pouvons conjecturer qu’elle était contenue dans un vase en forme de colombe. Je ne vois qu'une seule objection à faire à l’hypothèse de M. de Rossi, appuyée par beaucoup de monuments iconographiques ; c’est que le ministre du sacrement, en ce cas, n'aurait pas réellement, selon les prescriptions liturgiques, versé l’eau; faudrait-il supposer que l’évêque pouvait toucher et incliner le vase, ou tout au moins le faire incliner par un moyen mécanique, par exemple à l’aide d’un cordon de tirage ?

A partir du vue siècle, un ou plusieurs anges, pénétrés d’un profond respect, tiennent les vêtements que le Sauveur va reprendre en sortant du Jourdain. Parfois l’un d’eux balance un encensoir. Les anges étant appelés à rendre honneur et gloire à Dieu, il n’est pas étonnant qu’on leur ait donné, dans la scène du baptême, une fonction qui rachète en quelque sorte l’apparente humiliation du Sauveur. Cette adjonction traverse le moyen âge, subsiste encore au xvne siècle et a été conservée par les peintres modernes de l’Italie.

Au moyen âge, on transforma quelquefois la scène du Jourdain en un baptême fait dans la cuve des enfants; saint Jean verse alors de l’eau sur la tête de Jésus à moitié immergé dans les fonts. L'artiste, sans se préoccuper de la vraisemblance historique, appliquait naïvement au Sauveur les rites qu’il avait sous les yeux.

Les peintres italiens, aimant le grand air, placent souvent les baptèmes d'enfants en pleine campagne, tandis que les Hollandais et les Flamands, naturellement frileux, abritent volontiers le baptème du Christ dans un temple. Pour beaucoup d’entre eux, cette cérémonie religieuse n’est qu’un prétexte de peindre un intérieur d'église.

ARTICLE II

Peintures des premiers siècles et du moyen âge

Nous allons indiquer, en suivant l’ordre alphabétique des localités, un certain nombre de peintures des premiers siècles et du moyen âge, représentant le baptême donné par saint Jean. Dans les articles

suivants, nous mentionnerons ce même sujet figuré par les peintres de la Renaissance et des temps modernes, par les mosaïques, les miniatures, les émaux, les verrières, les dessins, les gravures, les sculptures, les tapisseries et les broderies. Il est superflu d’avertir que nous n'avons pas la prétention de donner ici une nomenclature quelque peu complète ; d’ailleurs, l’espace dont nous disposons nous l’interdirait. Nous n'avons pas même l'espérance d’avoir pu signaler les monuments iconographiques dignes d’attention, à l’exclusion des autres; car, si nous avons pu faire un choix parmi ceux que nous avons remarqués dans nos voyages en Europe, nous avons été obligé, pour beaucoup d'autres, de nous en rapporter aux catalogues de musées et de collections, aux livrets d'exposition, aux nombreux ouvrages consacrés à l'histoire de l’art, et, dans ces indications, des médiocrités sont souvent mêlées aux œuvres de mérite.

AB. — On voit à la cathédrale une peinture murale du xv® siècle représentant le baptême de Notre-Seigneur. Dieu le Père est figuré en pape, bénissant de la main droite et tenant dans sa gauche le globe du monde.

AVIGNON. — A Notre-Dame des Doms, fresque du moyen âge. Les groupes de spectateurs portent le costume et les coiffures du temps où a été exécutée cette peinture, assez bien conservée.

BaYEux. — A la cathédrale, dans ja chapelle du Sacré-Cœur, est une ancienne fresque représentant le baptême du Sauveur.

GRÈcE. — En Grèce et surtout au Mont-Athos, le baptème du Christ est uniformément représenté d’après l’ancien type que décrit ainsi le moine Denys, dans son Guide de la peinture : « Le Christ est debout, nu, au milieu du Jourdain; le Précurseur sur le bord du fleuve, à la droite du Christ et regardant en haut; sa main droite est sur la tête du Christ, et il étend la gauche vers le ciel. Au-dessus, le ciel, d’où sort l’Esprit-Saint, sur un rayon qui descend vers la tête du Christ. Au milieu du rayon on lit ces mots : Celui-ci est mon Jils bien-aimé, dans lequel j'ai mis toutes mes complaisances. Sur la gauche, des anges debout, avec respect et les mains étendues. Au bas sont des vêtements. Au-dessous du Précurseur, dans le Jourdain, un homme nu, couché en travers et regardant, derrière lui, le Christ

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