LIVRE XI. -— DES LIEUX DU BAPTÈME
Sanctuaire, suspendu, comme la proclamation de la résurrection, au milieu des tombeaux ! »
Il y a autant de divergence sur la date de ce monument épigraphique que sur son interprétation. Il remonterait au second siècle, d'après MM. Borett et Leemans; le cardinal Pitra, le P. Secchi et M. Franz Pattribuent à la fin du n° siècle ou au commencement du 11° ; M. Lenormant à la fin du ii° ou au commencement du 1v°; le P. Garucci au 1v° ; M. Rossignol à la deuxième moitié du vi° siècle. M. de Rossi et M. Davin, se basant tout à la fois sur la linguistique et sur la science épigraphique, pensent que l'inscription a été composée vers la fin du n° siècle ou au commencement du 11° et que, brisée par les paiens, elle a été gravée à nouveau et remise en place au 1v° siècle.
En parlant de ce monument, nous avons voulu nous maintenir dans le rôle impartial d'un fidèle rapporteur, mais nous ne saurions taire nos préférences pour le système de M. Davin. Ici, comme ailleurs, le docte chanoïne a su allier la science du théologien à la sagacité de Pantiquaire : aussi engageons-nous ceux de nos lecteurs qui voudraient approfondir la question, à lire la série d’articles qu’il a insérés dans le Monde en 1873 et à les conférer avec les principales dissertations qui ont été publiées sur l’un des plus curieux documents de l'antiquité chrétienne (r).
Auxerre. — Au 1x° siècle, le V. Héribald, évêque d'Auxerre, reconstruisit le baptistère de Saint-Jean, situé près de la cathédrale Saint-Etienne, et en fit la dédicace un 23 décembre (2).
AVIGNON. — À la cathédrale, l’ancienne chapelle de Saint-Jean, dite aujourd'hui de Saint-Sauveur, où se trouvent des fonts du xvi° siècle,
(1) D. Pitra, articles insérés dans les Annales de phil. chrét., mars et juill. 1840 ; Janv., févr. et mars 1842; mars 1843 ; Spicil. Solesm., t. I, p. 554; Secchi, Edita epigram. greco, christiano de’ primi secoli... Romæ, 1840; J. Franz, Christliches Denkmal von Autun, Berlin, 1841; Windischmann, art. inséré dans Archiv für Theologische Literatur, 1842, p.387; Borett, article inséré dans la Batavica, 1843 et 1844; L. Polidori, Del pesce, come symbolo di Christo e dei Cristiani, Milan, 1843 ; Dübner, Corpus inscr. græc., t. IV; Wiseman, Essays on various subjects, t. II, p. 281; Lenormant, Op. cit.; Le Blant, Inscr. chrét. de la Gaule, t. I, 1856, p. 8; Rossignol, Op. cit., 1856; Garucci, Mél. d'épigr. ancienne ; Nouvel examen de l’inscr. gr. d’Autun ; Appréciation des motifs produits par M. Rossignol ; Réponse à une lettre de M. Rossignol, dans la Revue arch. ; Manoury, Op. cit.
(2) Martyr. S. Autiss, eccles., 1751,
occupe une partie de l'emplacement de l’ancien baptistère, bâti, dit-on, sur un plan circulaire.
BEsANcoN. — Au m° siècle, l’évêque saint Lin érigea un baptistère dans une maison que lui donna un tribun militaire nommé Onnasius. Cette construction, agrandie par l’évêque saint Maximien, devint alors, sous le vocable de saint Jean-Baptiste, la première église paroissiale de la ville (r).
Bources. — Les Actes de saint Ursin, premier évêque de Bourges, lui attribuent la consécration d’un baptistère où il plaça des reliques du diacre saint Étienne. C’est là qu’il baptisa saint Léocade et son jeune enfant saint Ladre.
CHALoNs-sur-Marne. — Les Actes de saint Memmie, premier évêque de Châlons, nous disent qu’il érigea, près de Saint-Pierre-au-Mont, un baptistère qui resta longtemps l'unique église, où était conféré le sacrement de la régénération. La chapelle bâtie sur son emplacement date du xvi° siècle.
CHaAmBon (Puy-de-Dôme). — Rotonde de six mètres de diamètre, éclairée par trois étroites fenêtres. Divers écrivains, qui placent à Chambon la maison de plaisance de Sidoine Apollinaire, considèrent ce monument comme un baptistère du xn° siècle. M. Émile Thibaud (2) conteste cette destination présumée, en raison du peu d’importance de cette localité au moyen âge, et ne voit dans cet édifice qu’une chapelle funéraire.
Civray-sur-CHer (Indre-et-Loire). — M. l’abbé Chevalier y a trouvé la piscine baptismale en terre cuite, curieux monument de céramique aujourd’hui conservé au musée archéologique de Tours. Le savant archéologue décrit ainsi ce baptistère dans ses Églises romanes en Touraine (3): « Ce baptistère, de plan quadrangulaire, était formé par le prolongement des murs latéraux de la nef, sur une longueur de 3 mètres 75 cent., et il s'ouvrait au dehors par une porte placée
(1) Dunod, Hist. de l'Égl. de Besançon, 1, 26, (2) Revue de l’Art chrét.,t. VII, p. 203.
(3) Page 84.