‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 55 sur 445 · LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME OI · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME OI

ment ; que dans ce cas il faut baptiser dans la maison particulière ou se célèbre le saint Sacrifice, et régénérer l’enfant, soit sur l’autel consacré, soit sur la table qui sert d’autel. On se trouve obligé aujourd'hui d’user de tolérance à l'égard de certaines églises de Hollande et d'Allemagne, divisées par une cloison en deux compartiments, l’un pour les Protestants, l’autre pour le culte catholique.

C’est en Italie que le nombre des églises baptismales est resté le plus longtemps limité, et où il l’est encore dans certaines villes. Ce n’est que depuis le pontificat de Léon XII que toutes les églises paroissiales de Rome jouissent du droit baptismal. Dans la plupart des * villes qui possèdent une cathédrale, avec ou sans baptistère isolé, c’est là uniquement que se font les baptêmes de toutes les paroisses de la cité. En 1747, la Sacrée Congrégation du Concile de Trente refusa aux curés de Verceil l'autorisation d’ériger des fonts dans chaque paroisse de la ville; il n’y en a aujourd’hui qu'à la cathédrale et à Sainte- Marie-Majeure. Ce n’est que depuis le xvin® siècle que toutes les paroisses de Padoue en sont munies. A cette époque, il y avait déjà plusieurs églises baptismales à Venise, à Gènes, à Ferrare (r), à Fabriano, etc, Jusqu’en 1827, il n’y eut à Spolète que deux églises baptismales, la cathédrale et la collégiale Saint-Pierre. A Rieti, on continue, comme dans beaucoup d’autres villes, à ne baptiser qu’à la cathédrale les enfants de la ville, des faubourgs et des campagnes environnantes. En 1860, les curés des autres paroisses demandèrent à . Ja Sacrée Congrégation du Concile l’autorisation d’ériger un autre baptistère pour leur usage commun. La Congrégation repoussa cette demande, en s'appuyant sur ce principe que le droit de baptiser n’est nullement inhérent à l’office de curé, et que de ce qu’une église est paroissiale, on ne peut en conclure qu’elle ait le droit d’avoir un baptistère.

Il y a en Italie quelques localités possédant deux églises ayant chacune leurs fonts baptismaux ; mais cette tolérance n’a lieu que pour les paroisses qui, comme Orvieto, ont une partie de leur population dans une plaine et l’autre sur une montagne.

En France, jusqu’à la Révolution, le nombre des églises baptis-

(1) I n’y avait de fonts qu’à la cathédrale et à l’église canoniale de Santa Maria in Vado; et encore le populaire ne voulait-il guère porter les enfants à cette dernière église, parce qu’ôn croyait superstitieusement que ceux qui y recevaient le baptême étaient éxposés à mourir d’épilepsie ou d’apoplexie, (Baruffaldo, ad Rit. roman. Comment.

males, dans un certain nombre de villes, est resté traditionnellement limité. Au Puy-en-Velay, à Quimper, etc., on ne baptisait qu'à la cathédrale; à Preuilly, dans l'église abbatiale. A Tarbes, les paroissiens de Saint-Jean étaient tenus de se rendre à la cathédrale. A Bordeaux, on ne conférait le sacrement qu’à la cathédrale Saint-André, à Saint-Seurin et à Sainte-Croix. Ailleurs, le souvenir de l'antique discipline était conservé, en ce sens que, pendant les octaves de Pâques et de la Pentecôte, tous les paroissiens de la ville étaient obligés de faire baptiser leurs enfants à la cathédrale. Il en était ainsi à Beauvais, à Besançon, à Meaux, à Reims, etc. Plusieurs conciles provinciaux ont recommandé cet usage, approuvé plusieurs fois par la Sacrée Congrégation du Concile (1). Nous retrouvons ces mêmes privilèges en vigueur autrefois dans les autres contrées de la catholicité. En 847, le diocèse | de Hambourg ne possédait que quatre églises baptismales. A Liège, | l’église de Notre-Dame-aux-Fonts servit longtemps de baptistère pour toute la ville, et, au xvui® siècle, il n’y avait encore que cinq paroisses sur trente qui jouissaient du droit baptismal.

Il est dans l'esprit de l’Église que la régénération spirituelle soit accomplie dans l’intérieur même de l’église, en une chapelle destinée à cet usage, et non pas dans une annexe comme la sacristie. Cet abus existe dans quelques paroisses de France, mais du moins il n’est pas autorisé par les règlements diocésains; tandis qu’en Allemagne, où cet usage est très répandu, les Rituels anciens et modernes (2) permettent, par les grands froids, le baptême à la sacristie ou au presbytère. L’ar- | chevêque de Santiago (Chili) ayant demandé à la Congrégation des Rites si, là où existe cette coutume, on pouvait baptiser solennellement dans la sacristie de la cathédrale, il lui fut répondu, en date du 16 mars 1861, que cela n’était point permis, à moins d’une raison suffisante, approuvée par l’Ordinaire.

(1) 1x7 juinret 16 déc. "5713:

(2) Rit. Frising., ann. 1673 ; Rit. Passav., 1755; Rit. Monaco-Frig., 1840. .

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