‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 80 sur 445 · NS ZIP TI · texte numérisé non relu

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Baptistère de saint Louis (Plan du bassin).

. C'était originairement un bassin arabe destiné aux ablutions, lequel paraît dater de la première moitié du xrn° siècle. M. de Longperrier traduit ainsi l'inscription gravée en caractères neskry sur la lèvre du bassin : Fait par maître Mohammed, fils de Zein-ed-Din, à qui Dieu fasse miséricorde. — Église de Notre-Dame-de-Lorette. Cuve en bronze, exécutée sur les dessins de M. Le Bas. La coupe, supportée

par un piédouche, orné de poissons, est entourée d’une frise composée de coquilles et de têtes d’agneaux supportant des guirlandes. Le couvercle est surmonté d'une statue de saint Jean-Baptiste, due au ciseau de M. Duret. — Saint-Germain-l'Auxerrois. Fonts sculptés par Jouffroy, d’après une composition de Mm° de Lamartine. — Sarnt- Pierre-de-Montmartre. Grand bassin en pierre de liais, décoré de rinceaux, de clefs en l'honneur de saint Pierre, et d’anges soutenant un cartouche marqué du millésime de 1537. — Saint-Vincent-de- Paul. Les fonts sortis des ateliers de M. Calla ont la forme d’une riche coupe, ornée de coquilles, de guirlandes et de festons, au pied de laquelle sont couchés deux cerfs.

SEINE-ET-MarNE. — Provins. À Sainte-Croix, fonts pédiculés, de forme elliptique, décorés de bas-reliefs et d'armoiries (xvi°s.)

SEINE-ET-OISE. — Boissy, près Pontoise. — On a découvert en 1877, enterrée à 5o cent. de profondeur, une cuve à fond plat, légèrement évasée de la base au sommet. M. l’abbé Loisel en donne la description suivante dans le Bulletin religieux de Versailles : « Sa longueur est de 1" 35 cent., sa largeur de 62 cent., et sa hauteur de 60. Les extrémités en sont arrondies et inégales ; elle affecte dans son ensemble une forme ovale, et ressemble assez à une baignoire, Autour de la base règne un socle fort simple, formé d’un bandeau plat légèrement concave ; le même motif se trouve reproduit au sommet. Sur chaque face sont sculptés en relief des sujets décoratifs, consistant en deux tores ou boudins croisés l’un sur l’autre et encadrés d’un rectangle. Deux cercles sont suspendus à droite et à gauche, au haut de la piscine. L’extrémité la plus large ou tête de la piscine, est évidée plus profondément que l’extrémité opposée, »

M. l’abbé Loisel suppose que c’est une piscine baptismale de l’époque gallo-romaine. Nous ne saurions admettre cette conjecture, puisqu’en France, jusqu’au vu siècle au moins, on a baptisé exclusivement dans les baptistères. Ce curieux monument est probablement un antique bénitier qu’on aura métamorphosé en cuve baptismale dans le cours du moyen âge, en perçant un orifice pour l'écoulement de l’eau. — La Roche-Guyon. Fonts polygones. — Lassy. — Limay. Fonts du xu° siècle dont le plan est ovale à l’intérieur, dodécagone à Pextérieur ; la base, garnie de petites niches, est tellement large qu’elle épouse presque les proportions du réservoir. Autour du bord supé-

rieur du châssis, se trouvent sculptés un agneau pascal, une croix et une tête de bœuf. Le pavage qui entoure ces fonts offre huit disques de pierre grise incrustés au nu des dalles. M. Viollet-le-Duc (1) suppose qu'ils marquent les places des personnes qui devaient entourer la cuve au moment du baptême. — Médan. On voit dans cette église les fonts où furent baptisés Charles V et Charles VI; c'est une grande cuve ovale du xiv° siècle, d’une grande simplicité: voici l'inscription gravée, à la fin du xy° siècle, sur une pierre étroite et longue, fixée contre la muraille près des fonts : | |

A ces fons furent une fois Baptisez plusieurs ducs et rois.

Princes, contes, barons, prélatz Et autres gens de tous estatz.

Et afin que ce on congnoisse Ils servoient en la paroisse Royal de St Pol de Paris

Ou les rois se tenoient jadis Entre autres y fut notablement Baptize honnourablement

Le sage roy Charles le Quint Et son filz qui après lui vint Charles le large bien ame

Vlme de ce nom clame

Or furent les dessusditz fons Fait aporter je vous respons En ce lieu icy de Medan

Par le Seigneur du lieu en lan Qu'on disoit 1üixx XITIT

Son ame en paradis repoxe Henry Perdriet fut son nom Dieu lui sache gre de ce don Icelui Seigneur comenca Depuis un peu de temps enca A rediffier ceste eglise

Qui en poure estat estoit mise Tellement que come jentends

Il auoit pres de cent ans

Quon ny auoit messe chantee Tant estoit le lieu mal hante Or a il si bien procure

Quil y a de present cure Et grant foison paroissiens\ Dieu lui multiplie ses biens

Et nous doint faire telz prieres

, Pour Perdriers et Perdrieres &

(1) Dict. MArchit,, t. V, p.-537,

Quen paradis ou na soucy Puissent aller et nous aussi.

Poissy. — Dans la chapelle Saint-Louis, on voit, réunis avec du plâtre, les débris des fonts où fut baptisé saint Louis. Ce sont les seuls fragments qu’ait laissé subsister la piété mal entendue des fidèles ; ils croyaient que la poussière provenant de la raclure de ces fonts guérissait de la fièvre, quand on l’avalait dans un verre d’eau. Sur un vitrail de cette chapelle on lisait autrefois ces quatre vers :

Saint Louis fut enfant né de Poissi Et baptisé en la présente église.

Les fonts en sont gardés encore ici, Et conservés comme relique exquise.

On lit dans la Chronique de l'abbaye de Saïnct-Denis, ch. 1xxx : « Il advint que le Roy estoit à Poissy secretement avec ses amis : si dit que la greigneur et le plus haut honneur qu’il eust oncques en ce monde, luy estoit advenüe à Poissy. Quand sa gent l’oyrent ainsi parler, si se merveillèrent moult de quel honneur il disoit : can ils cuidoient qu'il deust mieux dire que cet honneur l’y fut mieux advenu en la cité de Rheims, là où il fut couronné du royaume de France. Lors commença le Roy à soupirer, et leur dit que à Poissy luy estoit advenu ce grand honneur, car il y avoit reçu baptesme, qui est le plus haut honneur de tous autres. Quand le Roy envoyoit ses lettres à ses amis secretement, il mettoit : Louys de Poissy à son cher et bon amy, salut ; ne s’appeloit point Roy de France. Si l’en reprit un sien amy, et il lui répondit : Beau cher amy, je suis aussi comme le roy de la feve qui au soir fait feste de sa royauté. »

SEINE-INFÉRIEURE. — A/vimare (xn° s.). — Belbeuf. Fonts carrés en plomb {x s.). — Bermonville (ép. ogiv.). — Biville-le-Martel AU S.). — Blosseville-ès-Plains (1514). — Bruneval (ép. ogiv.). — Bures (xiv® s.). — Caudebec. Les fonts ont pour couvercle une pyramide octogone en bois de chêne dont les seize panneaux, sculptés en 1590, représentent huit sujets:de l'Ancien Testament et huit de la Loi nouvelle, dont la plupart sûft appropriés au sacrement de baptême (le péché originel, le passage de la mer Rouge, le serpent d’airain, la circoncision, le baptème de N.-S., l’aveugle-né, baptêmes donnés par saint Pierre, par saint Philippe, par Ananie, etc.). Cet énorme couvercle, haut de sept pieds, est soutenu parsun écrou deufer qu'on

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