‹ Histoire du saint suaire de CadouinChapitre 4 sur 18 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Hy a plusieurs suints Hualres.

iC^nel est ceint de Gadoutn?

Vidit Unteamina ponta et Sudarium quod fuerat super c^ut ejui.

Il vit les Wn^eA k terre et }$ Suaire qa'oD avait mis sur sa lète.

(S. Jeao. IX, 7;.

Sudarium, manibus Beatœ M«ryn fabricatum, prœseroet nos a niorte tristi.

Suaire, fait par les maies de It Bienhaureose Vierg» Marie, pv^ servez- noos de la mauvaise mort, (litanies du sa nt Suûte de ÇadoaiD).

Les Juifs avaient coutume d'employer plusieurs linges ou suaires pour Tensevelissement de leurs morts; ils mettaient un soin particulier à préparer les choses nécessaires à la sépulture : ils lavaient le corps^ Tentouraient de parfums, TenTeloppaient de linges et liaient

le tout avec desbanddelieb. Mtus savons que le corps adorable de Jé«us-<ihHel fui enseveli à la manière des Juifs (saint Jean, xix, /iO) ; l'Evangile nomme trois des linges funèbres qu'on eropioya : le sindon ou grand linceul, le suaire et les bandelettes. On pourrait sans difficulté en admettre un plus grand nombre dans la sépulture du Sauveur, car son corpa fut embaumé par des mains pieuses et opulentes. Quelques auteurs avancent que lorsqu on le descendit sanglant de la croix, on le déposa sur un drap où il • fut lavé et parfumé ; mais ce drap ne dut pas servir dans le sépulcre, car il était mouillé et devait porter des traces de sang. En outre, quand on l'eut couvert du suaire^ enveloppé de linceuls et lié avec des bandes, il était encore convenable et décent à la Majesté du Fils de Dieu qu'on étendit et qu'on appliquât par dessus un linge capable d'envelopper le tout par son amplitude. C'est la remarque de Gampégius (1).

Ne nous étonnons pas si plusieurs églises se glorifient de posséder un de ces suaires^ ou une portion (2). '

Tous les monuments qui concernent cehn qui repose dans l'église de Gadouin s'accordent à nous assurer que c'est celui de la tète : Sudarium capitis^

celui que l'Evangile appelle proprement le Suaire. Lorsque au matin de la Résurrection sain* Jean et saint Pierre allèrent au tombeau du Sauveur, celui-ci entra le premier dans le sépulcre et vit les linceuls à terre tandis que le Suaire qu'on avait mis sur sa tète était plié séparément (saint Jean, xx, 7). Voilà notre Suaire. Tous ceux qui en ont parlé en font une estime particulière; c'est en effet le principal et le plus honorable ; il a été sanctifié par l'attouchement immédiat du corps sacré de Jésus-Christ lui ayant couvert le visage, et presque tout le corps ; aussi parait-il, en certains endroits, tâché et empourpré du sang, de la sueur et des parfums dont il fut comme baigné, sa couleur tirant un peu sur le rouge. Il n'en faut pas dire davantage pour faire entendre le respect qu'il mérite. Si les corporaux de la messe qui n'en sont qu'une figure et une représentation, sont traités avec le plus grand respect ; si saint Grégoire faisait tant de cas de la chaîne de saint Paul qu'il la préférait à la puissance de ressusciter les morts ; si d autres papes estimaient tellement les liens de saint Pierre, qu'ils en envoyaient de petites parcelles aux rois et aux princes comme un présent très-précieux, on comprendra le cas qu'il faut faire du Suaire de Jésus

Christ, qui est une des plus grandes reiliquea foe possède TEglise.

Bi nous en croyons Baronkis et Ribadéneird, qoi suivent ici le sentiment du Métaphraste, ce «uafM aurait été donné à Joseph d'Aiimathie par la Vierge Marie elle-même, qui l'avait préparé de ses maint. Après la mort de son Fils, malgré sa douleur et ses larmes, elle se jeta sur son corps adorable, le eofttempla avec amour et s'adressant à Joseph : C'est à vous ma ntenant, lui dit-elle, d'ensevelir mon Fils, de prendre tous les soins nécessaires pour Tegabaumer et lui rendre les autres pieux offices qui lui sont dus (3). Il ne sera pas difficile d'ajouter foi à ^tte tr^ditioa si ou songe que la Vierge Marie ne cessa d'aimer ardemment son Fils, et comme, lorqu'il éiait jeune, elle fut très-heureuse de lui faire une tuni^ qu'il devait garder toute sa vie, ne peut-on pas croire avec fondement qu'elle lui prépara le suaire qui devait l'envelopper dans son tombeau et qu'elle le tiss^ elle-même de ses mains vh-ginales? Ceux qui l'ont vu de près ont admit é la finesse de ce tissu qui est en lin et la beauté particulière de deux bordures aUX couleurs variées, qui sont un ouvrage oriental trèsexquis et travaillé par des mains extrêmement liabiles. Ces considérations montrent eomUen œ eiudr»

«Bi{ilusppécieiix queles aalres, qui n'ont pas uoê ttmblablft origine et qui sont des étoiïesr ordinaires acquises à prix d*argent. Si le roseau, les clous^ la croix et la couronne ont été des instruments d'ignominie dans l'intention des Juifs coupables, le saint Suaire donné par la Vierge Marie et fait de ses mains paraîtra au contraire un instrument de gloire plus vénérable que tous les autres objets qui ont servi à la passion et à la mort de Jésus-Christ (ù).

Aussi les personnes pieuses de tous les temps, qui sont venues le visiter, ont ressenti à sa vue un sentiment de tendresse qui leur faisait verser des larmes ; elles ont éprouvé dans leur cœur le respect que fait Battre la foi et la vénération pleine d'humilité que produit l'amour. Le B. Alain de Solminihac, évoque de Cahors, fît le voyage de Cadouin pour le voir. Il le baisa et rebaisa très-dévotement^ dit son historien, et particulièrement aux endroits qui paraissaient empourprés de ce sang précieux qui a été la rançon de tout le monde (5) .

Au XVn® siècle, le P. Léonard Frison proposait le saint Suaire de Cadouin à la vénération publique et rappelait le très antique et très assuré monument de la religion, Pornement brillant de la France (6). n est la gloire du Périgord et le plus magnifique

gage de Tamour de Jésus et de Marie pour nous, puisque nous le possédons depuis plus de sept cents ans.

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